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Le premier « dommage collatéral » du 8 avril

Démission du général mohamed lamari

Le premier « dommage collatéral » du 8 avril

Le ministre de l’Intérieur, Nourredine Yazid Zerhouni, recevant à Alger la ministre française de la Défense, Michèlle Alliot-Marie : la dérogation aux règles protocolaires répand, à la mi-juillet, la rumeur sur le limogeage de Mohamed Lamari (56 ans), le chef d’état-major de l’ANP qu’on croyait jusque-là inamovible.



Première tête à tomber dans l’institution militaire, après le 8 avril 2004, d’autant qu’on lui avait attribué une sérieuse opposition à la réélection de Abdelaziz Bouteflika. Mais la rumeur s’estompe quelque peu au bout de quelques jours. Le 3 août 2004, un communiqué de la présidence de la République précise, en effet, que le président de la République, chef suprême des forces armées et ministre de la Défense nationale, a reçu le général Mohamed Lamari qui lui a présenté sa démission « pour des raisons de santé ». Il sera remplacé par Ahmed Gaïd Salah (70 ans). Dans le numéro de la revue El Djeïch, paru début août, Mohamed Lamari apporte lui-même un démenti à tout ce qui se dit et s’écrit sur cette affaire. Revenant sur la décennie écoulée, il se félicite du rétablissement de la sécurité et de l’ordre publics. Après avoir été distraite pendant de longues années par la lutte antiterroriste, l’ANP a réactivé le processus de sa modernisation et de sa professionnalisation. « Pour ce qui me concerne, ma décision de quitter mes fonctions de chef d’état-major de l’ANP découle de ce constat », écrit-il. Une raison qui s’oppose à celle avancée par la présidence de la République. Les commentaires remettent sur le tapis son probable désaccord avec le président Bouteflika. D’autant qu’après le départ de Lamari le président de la République procède à de nouvelles nominations dans des fonctions-clés au sein de l’armée de terre. Il s’agit de la nomination d’un nouveau commandant des forces terrestres (CFT), et de nouveaux commandants dans les 1er, 2e, 3e et 5e régions militaires. Des changements dans le but, outre la professionnalisation, d’intégrer progressivement les jeunes officiers généraux. A plusieurs reprises, le président de la République a appelé l’armée, directement ou indirectement, à se concentrer sur ses missions constitutionnelles, notamment celle relative à la « stabilité institutionnelle », sous l’autorité de la présidence de la République.



Par Hamiche Amar

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