Indépendance du Sahara-Occidental
La population des territoires occupés sahraouis, meurtrie par la force d’occupation marocaine, a acquis un degré de maturité et un background politique pour l’indépendance. »
Ce constat a été établi par Khalil Sid M’Hemad, ministre des Territoires occupés du Sahara-Occidental, vendredi dernier. Même si le calme est revenu hier à El Ayoun, localité où s’est produite, ces derniers jours, une répression violente contre les civils sahraouis, on assiste à un tournant décisif dans l’affirmation du droit à l’autodétermination. Lassé d’attendre un référendum qui tarde à venir, « le peuple sahraoui ne peut rester les bras croisés indéfiniment. Il luttera pour faire valoir ses droits nationaux par tous les moyens légitimes, dont la reprise de la lutte armée », avait lancé le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, lors de son discours prononcé, la semaine dernière, à l’occasion des festivités marquant le 32e anniversaire du déclenchement de la résistance sahraouie. Mais le fait le plus marquant, notent les observateurs, est que les populations des territoires occupés n’hésitent plus à s’exprimer ouvertement en faveur de l’autodétermination. Cette nouvelle orientation de la lutte de ce peuple pour recouvrer ses droits reconnus par la communauté internationale est fortement soulignée par les médias et ONG, notamment espagnols. « Aujourd’hui, la peur a changé de camp. Elle est du côté du régime marocain qu’elle a déchiré et affaibli », a soutenu ce même Khalil Sid M’Hemad. Il n’a pas manqué, au passage, de rappeler que « la résistance est née de l’intérieur (de l’intérieur des territoires occupés, ndlr) ». « Je suis pro-Polisario, je l’affiche publiquement », s’exclame ouvertement un Sahraoui de la localité d’El Ayoun, cité hier par l’AFP. « Notre position pro-Polisario est mûre, on revendique l’autodétermination et l’organisation d’un référendum », déclare, de son côté, un habitant de la ville Hocine Idri, interrogé par cette même agence française. Pour la première fois, des drapeaux marocains ont été brûlés, des slogans en faveur de l’indépendance ont été lancés et des drapeaux du Front Polisario ont été brandis dans les rues, lors des manifestations qui se sont déroulées la semaine dernière à El Ayoun. Selon les échos rapportés par les médias, ces manifestations ont fait plus d’une cinquantaine de blessés et des dizaines de disparus. C’est pourquoi une femme sahraouie, Aminatou Haidara, citée par l’AFP, a déclaré hier : « Nous sommes fidèles au Front Polisario, seul représentant légal et légitime du peuple sahraoui. » Cela étant, seize Sahraouis ont été libérés, avant-hier, parmi les trente-trois arrêtés après les manifestations de la semaine dernière au Sahara-Occidental, selon le procureur d’El Ayoun. Le même jour, le gouvernement sahraoui a appelé à « élargir les prérogatives de la Minurso à la protection des civils sahraouis dans les territoires occupé » et à ouvrir le territoire sahraoui aux observateurs et médias étrangers afin de renseigner sur la tragédie des Sahraouis dans les zones occupées, soumises à un état de siège permanent depuis l’occupation militaire du Sahara-Occidental en 1975. Dans un communiqué sanctionnant sa réunion tenue samedi à Bir Lehlu, sous la présidence du chef de l’Etat, Mohamed Abdelaziz, le Conseil des ministres a vivement dénoncé « les violations, par le gouvernement marocain, des droits humains des Sahraouis et le non-respect des libertés individuelles des citoyens », ainsi que « le blocus médiatique imposé au Sahara-Occidental par le colonialisme marocain ».
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