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Le patrimoine sous le boisseau

Sites et monuments historiques

Le patrimoine sous le boisseau

La ville de Sétif s’est de tout temps distinguée de par la richesse particulière de son patrimoine archéologique dont la grande diversité a définitivement établi l’authenticité de la cité qui regorge de vestiges de civilisations anciennes : byzantine, romaine ou encore fatimide.



Aussi, ce sont de nombreux sites et monuments archéologiques d’une valeur historique indéniable que compte la région de Sétif, à l’instar du gisement de Aïn Hanach ; la ville antique de Djemila, le site chiite d’Idjkane ou encore le tombeau de Scipion l’Africain sont pour certains d’entre eux dans une mauvaise posture. Dans le même registre, les 4 sites archéologiques de Galta Ezarga, Mons, Jardin Barral et le mausolée de Scipion l’Africain sont actuellement en lice pour le classement, procédure nécessaire mais qui n’en est pas moins particulièrement délicate. Selon M. Kebbour, chef de service du patrimoine culturel, la délimitation de la zone de protection de tout site historique doit faire l’objet d’un travail méticuleux, certains vestiges étant enfouis sous terre et donc non apparents. Et d’ajouter : « Très souvent, nous devons effectuer des interventions d’urgence sur des sites nouvellement découverts. Dans ces cas-là, une fouille de sauvetage doit être effectuée dans les plus brefs délais afin de faire en sorte que le site ne soit pas souillé. » La préservation de tout héritage culturel, procédure d’une importance capitale, est donc réglementée par la loi. Ainsi, la loi n° 98-04 du 15 Juin 1998 définit comme patrimoine culturel, tous les biens matériels (architecturaux et archéologique) et immatériels (expressions orales, rites et traditions, arts et savoir-faire artisanal) légués par les civilisations qui se sont succédé de la préhistoire à nos jours. Dans un autre volet, l’article 43 de la loi sus-mentionnée établit que les secteurs sauvegardés sont dotés d’un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur. Mais force est de constater que la législation en vigueur n’est pas toujours appliquée, preuve en est le cas du célèbre mausolée de Scipion l’Africain, encerclé de part et d’autres d’habitations de la cité Bouras située non loin du 1er campus universitaire, alors que la loi exige la délimitation d’un champs de visibilité d’au moins 200 m autour de tout monument ou site à valeur historique, et qui n’a été doté d’une clôture qu’au début des années 1990. Cet état des lieux pénalise grandement ce site d’une valeur inestimable, qui ne répond guère aux critères régissant la procédure de classement. Ce qui devrait, légalement parlant, le rendre inéligible à tout classement. Un tel mépris des lois s’ajoute à un autre phénomène portant davantage préjudice à l’intégrité de ces traces inestimables de l’existence de l’humanité dans le passé, l’éventuelle corruption de la réalité archéologique d’aujourd’hui. A ce sujet, M. Kebbour s’insurge de la politique colonialiste qui a, d’après lui, volontairement occulté les vestiges de civilisations préromaines. « Le baptistère de Djemila, unique monument de ce genre en Afrique, en est l’attestation la plus flagrante. Ce dernier recelant, à ce jour, des traces d’une restauration abusive, des colonnes d’un temple païen ayant été importées vers le baptistère durant l’ère colonialiste, souillant ainsi l’intégrité du site. » Bref, c’est en partie pour informer le grand public de ces usurpations du passé que la direction de la culture concocte chaque année un riche programme comprenant des visites guidées à travers les différents sites historiques que recèle la région, tels les fameuses zaouïas et mausolées de Beni Ouarthilane, les vestiges de Cuicul, site classé patrimoine mondial ou encore les fameuses escargotières de Bir Ensa et Mezloug, autant de lieux qui constituent de véritables réserves de la mémoire historique collective des hautes plaines sétifiennes…



Par Ferrad Sawsen

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