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Le jeu trouble de Fatah El Islam

Situé à 16 kilomètres de la grande ville du nord libanais, Tripoli, le camp de réfugiés palestiniens Nahr Al Bared, qui en compte quelque 31 000, est devenu la base d’une organisation armée Fatah El Islam, créée en octobre 2006 par « le colonel » Chaker Abssi condamné à mort par contumace en Jordanie en 2004 pour l’assassinat en 2002 d’un diplomate américain en dissidence de Fatah Intifadha, elle-même une organisation dissidente du Fatah historique en 1983 et installée à Damas.



Les principes de cette nouvelle organisation sont la « défense de l’armement palestinien » un dossier problématique dans le Liban d’après-guerre civile depuis 1990 et la « poursuite du combat saint ». De tout temps, ces leaders ont démenti des allégations de liens organiques avec Al Qaïda, même s’ils ne cachent pas des affinités idéologiques avec l’organisation de Ben Laden. Fin 2006, le chef au Liban du Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, Sultan Aboul Aynaïn, avait affirmé que le Fatah El Islam environ 200 hommes armés selon des estimations était lié à Al Qaïda et avait infiltré au Liban 150 combattants arabes venus d’Irak. Outre les autres factions palestiniennes dont le Fatah de Mahmoud Abbas qui traite cette organisation d’implant nocif, les observateurs libanais soulignent le rejet de la population de Nahr Al Bared. Pour ces derniers, l’implantation de Fatah El Islam a causé une détérioration des conditions de vie dans le camp et le renforcement de l’encerclement de Nahr Al Bared par les FSI, les forces de sécurité intérieure libanaises. Fatah El Islam a tenté d’amadouer la population du camp par des mariages d’alliance ou des opérations à caractère social. Mais une analyse du journal libanais Al Akhbar indique que les ingérences de cette organisation dans les affaires civiles et de mœurs des réfugiés, ainsi que les manifestations ostentatoires de sa force militaire ont vite fait de jeter le doute et l’appréhension dans l’esprit des habitants du camp redoutant le prochain clash avec l’armée libanaise ou les autres factions palestiniennes. Ces deux dernières tentent de coordonner leurs efforts pour contenir Fatah El Islam. Une organisation qui tente de profiter du caractère spécifique des camps palestiniens au Liban. Les habitants du camp partagent avec les autres réfugiés palestiniens au Liban 400 000 Palestiniens vivent actuellement dans ce pays — les affres de l’exil et représentent de véritables « bombes à retardement » tant les conditions de vie sont difficiles. Selon l’UNRWA (office onusien chargé des réfugiés palestiniens au Proche-Orient), 60% des réfugiés palestiniens vivent en dessous du seuil de pauvreté, et leur taux de chômage atteindrait 70%. Il leur était jusqu’à présent impossible d’exercer quelque soixante-douze métiers, hors des camps, interdit d’y introduire des matériaux pouvant servir à la construction, et ils ne peuvent quitter le territoire libanais ou y revenir sans l’obtention d’un visa dont la validité dure au maximum six mois. En 1949, il y avait 750 000 réfugiés palestiniens. Aujourd’hui, on en compte plus de 4 millions. Un million de ces réfugiés vivent dans 59 camps situés en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie et dans la bande de Ghaza.



Par Adlène Meddi

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