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Le SOS des cancéreux de Tizi Ouzou

DEVANT LE MANQUE DE MÉDICAMENTS

Le SOS des cancéreux de Tizi Ouzou

Les malades atteints du cancer vivent une situation alarmante. A la rareté de certains médicaments et à la cherté des examens médicaux s’ajoute l’inexistence de structures médicales appropriées dans la wilaya.



Les malades sont alors contraints de se déplacer vers la capitale pour subir les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie au Centre Pierre et Marie Curie d’Alger. En dépit du nombre croissant des malades, les autorités en charge de la santé publique tardent à réaliser un centre de soin pour cancéreux. « Depuis des années on nous parle de l’ouverture d’un centre d’oncologie à Tizi Ouzou, mais on ne voit rien venir. Les malades se déplacent à Alger et les rendez-vous sont très espacés. C’est comme si l’on ne fait pas de traitements », souligne l’assistante sociale de l’association El Fedjr. Selon des chiffres livrés lors du deuxième colloque sur la chirurgie générale tenu dernièrement au CHU de Tizi Ouzou, 1100 nouveaux cas de cancer sont recensés annuellement dans la wilaya de Tizi Ouzou. El Fedjr essaie tant bien que mal de porter assistance à ses adhérents .L’assistante sociale ajoute : « Les 400 malades que nous aidons sont en majorité des femmes. 200 d’entres elles sont atteintes du cancer du sein. Nous faisons face à un manque de médicaments comme le Purinetol qui est introuvable en Algérie. La pénurie des produits de chimiothérapie rend le traitement de la pathologie impossible. Certains malades abandonnent, d’autres se suicident. Il est temps de tirer la sonnette d’alarme ». Les membres de l’association ont commencé dernièrement une campagne de dépistage, mais les moyens manquent, déplorent-ils. Généralement, les radios ne sont pas en service au CHU de Tizi Ouzou. Ce sont les malades eux-mêmes qui les paient dans les cliniques privées, insiste-t-on encore. Une mammographie, par exemple, coûte 2500 DA et une scintigraphie (radio des os) 8000 DA. Le témoignage d’une dame, qui a subi une opération de l’ablation du sein, est saisissant : « Depuis que j’ai découvert ma maladie le 31 mai 2005, j’ai dépensé près de 170 000 DA. Quand on fait une séance de chimiothérapie à Alger, on est obligé de prendre un taxi pour toute la journée. Nous sortons de la séance de thérapie dans un état comateux. C’est très dur. En plus des pénibles épreuves physiques, nous payons très chers nos soins ». Un homme qui accompagne sa femme, malade, dans ses déplacements, témoigne : « Figurez-vous que devant le manque de médicaments, le médecin traitant nous conseille de débrouiller 40 euros, de se présenter à l’aéroport et demander à un steward de nous acheter de France le médicament prescrit ».Les malades qui affluent régulièrement au siège de leur association demandent en urgence l’ouverture d’un centre de cancérologie à Tizi Ouzou et l’affectation d’un sénologue au CHU.



Par Saïd Gada

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