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La vacance prolongée

Crise politique au Liban

La vacance prolongée

La confrontation entre opposition et majorité au Liban perdure malgré la double trêve de l’Aïd et de Noël.



L’opposition menée par Michel Aoun et le Hezbollah a rejeté le projet de loi adopté par le gouvernement de Fouad Seniora pour amender la Constitution, en vue de permettre l’élection du chef de l’armée à la tête de l’Etat. Par la voix de Ali Hassan Khalil, député de l’opposition, le président de la Chambre, Nabih Berri, a aussitôt opposé une fin de non-recevoir aux décisions « anticonstitutionnelles » du gouvernement, lançant une diatribe virulente contre la légitimité de ce dernier. De son côté, le président Siniora a répliqué qu’il entendait « ne pas céder à la menace ». L’initiative adoptée lundi « n’a aucune valeur constitutionnelle » et « ne vise qu’à faire obstacle au compromis » entre la majorité, a renchérit Ali Hassan Khalil du mouvement Amal. Le Conseil des ministres avait adopté lundi un projet de loi sur un amendement de la Constitution permettant « pour une seule fois » l’élection de hauts fonctionnaires à la tête de l’Etat. Mais M. Berri avait alors déclaré qu’il n’allait pas réceptionner le texte, son camp ne reconnaissant pas le gouvernement depuis la démission de plusieurs ministres de l’opposition il y a un an. Le chef de l’armée, Michel Sleimane, fait figure de candidat consensuel pour les deux camps, mais ceux-ci n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le mécanisme de l’amendement. Ali Hassan Khalil a également indiqué que « le Parlement ne sera pas le vecteur des mesures illégitimes de ceux qui monopolisent le pouvoir ». « La Chambre sera systématiquement convoquée jusqu’à ce qu’il y ait une entente, non seulement sur la candidature de Michel Sleimane que nous n’abandonnerons pas, mais aussi sur d’autres questions qui permettront d’éviter ce qui s’est passé dernièrement, en termes de marginalisation de la présidence et des lois », a-t-il enfin considéré. L’opposition réclame aussi de discuter avant l’élection de la composition du futur gouvernement, ce que refuse la majorité. Cette dernière a manifesté sa volonté d’occuper le vide institutionnel comme l’indique le quotidien libanais L’Orient le Jour : « En sa qualité de détenteur des prérogatives présidentielles, et en vertu de l’article 33 de la Constitution, le gouvernement – fait inédit depuis l’indépendance du Liban – a également convoqué une session extraordinaire du Parlement, entre le 1er janvier et le 17 mars prochains, pour voter l’amendement de la Constitution, les budgets de l’État et plusieurs autres lois. » L’élection présidentielle, reportée déjà à dix reprises, est prévue samedi 29 décembre, mais un nouveau report est à craindre, des députés de l’opposition ayant déjà annoncé qu’ils n’assisteraient pas à la séance, à moins de parvenir à un accord politique global.



Par Adlène Meddi, Agences

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