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La légende continue

Evocation. hommage à El Hadj M’Hamed El Anka

La légende continue

Organisée par le ministère de la Culture, cette soirée a drainé une foule nombreuse. Une présence massive tellement impressionnante que certains ont dû rester debout tout au long du spectacle. C’est vers 19h30 passés que le lever de rideau s’effectue avec l’apparition du ballet national de l’ONCI qui exécutera une belle danse algéroise colorée.



Suivra ensuite la chorale Naghem qui interprétera, sous la houlette du chef d’orchestre Rabah Kheddam, quelques titres de leurs répertoires dont Sidi Abderrahmane, Ya El Djazair, Ya El Ouarka et Aoureh aoureh. Place aussitôt à un orchestre chaâbi, composé de musiciens, issus de 18 wilayas, dont entre autres Constantine, Aïn Defla, Blida, Miliana... qui interpréteront à l’unisson une touchia ghrib, et ce, sous la direction de Mebarek Dakhla. Le moment tant attendu fut, sans aucun doute, celui où les artistes se succéderont sur scène pour entonner quelques titres phares du répertoire du maître du chaâbi. Chaque artiste a tenté de s’identifier un laps de temps au regretté El Hadj M’hamed El Anka qui restera inimitable. Le premier à prendre place est Chaib Djamel, un jeune algérois, qui exécutera d’une voix parfaite deux titres : un insiraf djarka et Sani Houmoumek fi hadik el âachiya. Hbirèche Mohamed de Ksar El Boukhari, qui avoue que ce sont ses oncles maternels qui lui ont transmis le virus du chaâbi, chantera un insiref h’çine suivi d’un istikhbar dans le mode sika. Ancien élève des associations El Farkhadjia et El Ankaouia, Hocine Driss gratifiera les mélomanes Ya sakya de cheikh El Djillali Lemtired. Zdiri Mohamed de Béjaïa qui est tombé sous le charme de la musique châabi à six ans, âge où son grand-père lui avait offert une guitare, a entonné deux chansons Ghalou Larreb et Haramtou Nourassi. Mustapha Belhaçane de Souk El Ghozlane qui a clôturé le cycle par L’hmem li oualeftou mcha aliya et Ghalou laymine. La soirée a été clôturée par une cérémonie en l’honneur d’anciens musiciens ayant accompagné le regretté El Hadj M’hamed El Anka tout au long de sa riche carrière tels que Kasdali Mustapha, Kechidi Mohamed dit Cheikh Ennamous, Metidji Ali, Taha Mohamed et Taha Benahmed. Le chercheur et poète Dahmane Aissaoui a affirmé : « El Hadj M’hamed El Anka a apporté un plus au chaâbi en ajoutant des instruments tels que le mandole et la derbouka. » Il a également mis en exergue la force de l’interprétation du maître ainsi que son « important » apport sur les plans textuel et musical. Evoquant son professeur, Omar Smaïl, l’un des nombreux élèves formés par El Anka au conservatoire d’Alger, conclura : « Le phénix a enseigné avec beaucoup de méthode et de cœur la musique chaâbi en inculquant aussi les valeurs morales. »



Par Nacima Chabani

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