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La chambre de la vierge de amin zaoui : Un récit déchirant et jubilatoire

Chaque fois que Rachid Boudjedra ou Amin Zaoui publient un nouveau roman, il semble que le ciel d’Alger s’ouvre d’une lumière éclatante. Le nouveau roman d’Amin Zaoui La chambre de la vierge est un tourbillon littéraire d’une beauté inouïe.



Il y a tout dans ce récit, qui en fait une belle œuvre littéraire. Dès que l’on finit de le lire, il nous prend l’envie de le relire. Dès la première ligne, nous sommes happés par la beauté des mots, par le mouvement oriental, du beau du style. C’est un roman court (171 pages) déchirant et jubilatoire, d’une rigueur absolue. Comme écrivain, Amin Zaoui a une longueur d’avance sur ses confrères. Il est arrivé au sommet de son art, là où d’autres peinent encore dans des écrits dérisoires et ils y arriveront, peut-être, dans dix ou vingt ans, alors que Amin Zaoui y est déjà parvenu. C’est aussi un roman difficile. On n’y trouve aucun pittoresque. Mais une fiction géniale. C’est une fable, un conte moderne, captivant, surprenant de bout en bout. On commence à lire Zaoui, on ne peut plus le lâcher ! Dans ce récit, on croise le sublime délire poétique d’un Rimbaud et aussi l’audace de la création, de la pensée, du télescopage des personnages, des époques, du réel, du rêve comme chez le grand Argentin Jorge Luis Borges. Amin Zaoui, c’est le Borges algérien, maghrébin, oriental.

Son roman n’est pas une méditation sereine sur l’Algérie, c’est une secousse, un grand délire, un cri, une quête qui flotte entre plusieurs personnages, d’abord l’auteur, puis de plusieurs autres : la famille élargie comme chez Boudjedra. La mère menteuse et conteuse de talent (Kateb Yacine disait aussi que sa mère lui racontait beaucoup d’histoires) ; la cousine Sultana, personnage complexe, envoûtant (comme Nedjma de Kateb Yacine, le père, beau portrait d’un collectionneur passionné de vieux manuscrits, c’est l’intellectuel algérien dans toute sa splendeur : c’est lui qui traduit le saint Coran en langue berbère, la tante Rokia partie à Istanbul par amour pour Ataturk ! Tout cela fait de ce roman une fascinante galerie de portraits, surréaliste, très attachante et en même temps bouleversante, car chacun des personnages nés de l’imagination délirante de Amin Zaoui remue profondément le lecteur. La chambre de la vierge est un récit dans l’air du temps de l’Algérie. Cette liberté de ton et cette impertinence de Amin Zaoui, nous ne sommes pas prêts de l’oublier.



Par Azzedine Mabrouki

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Avis des lecteurs...

Le 7.12.2009 à 11h06
La chambre de la vierge de amin zaoui : Un récit déchirant et jubilatoire

Pourquoi avoir amputé le titre ? C’est "La chambre de la vierge impure" non ? Pour quelqu’un qui fait l’éloge de Zaoui je vous trouve plutôt frileux (sourire).

Ce livre est un chef d’oeuvre, je confirme ! Il vous prend un peu au dépourvu au début, comme un blindage romanesque avant la chute. Je délire , je délire.. mais c’est parce que l’histoire est crue, pleine d’audace et de passion. Merci M.Zaoui !

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