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La France entretient ses lieux de mémoire en Algérie

Le Sénat français a discuté, il y a peu, le rapport sur les lieux de mémoire, terme qui concerne les sépultures de guerre des soldats « morts pour la France » situées dans les nécropoles nationales et les carrés militaires en France et à l’étranger.



Charles Guené, sénateur UMP de la Haute-Marne, rapporteur spécial, fait le point sur ces sépultures en Algérie en constatant que « si les cimetières de l’algérois étaient relativement bien tenus, il n’en était pas de même de ceux de l’Oranais, pour plusieurs cimetières civils et surtout la nécropole de Mers el Kébir, carré militaire, dédié aux marins morts lors des deux attaques britanniques de juillet 1940 ». Il a été décidé de rétablir le gardiennage (abandonné en 1994) et de construire une maison de gardiens. Le sénateur a ainsi demandé des moyens financiers supplémentaires pour faire face à ces dépenses. Le rapport indique d’autre part que « l’entretien des nécropoles en Algérie est un problème récurrent ». Le 16 août 1962, il fut décidé que l’Etat français assumerait dorénavant la garde des tombes et leur entretien. Leur recensement, qui ne prit en compte ni les tombes musulmanes ni celles des militaires rendus aux familles, fut lancé en 1963. Le 9 mars 1966, fut retenu, par le ministre français des anciens combattants, le cimetière du Petit Lac à Oran comme lieu unique de regroupement des tombes. Les opérations, débutées en 1965, qui ont porté sur 10 742 corps, se sont déroulées en trois phases jusqu’en 1968. Le maintien de quelques cimetières ou carrés militaires fut décidé : Constantine et Mers el Kébir, et à Alger, Sidi Fredj, le cimetière de la conquête (sic ndlr), où reposent les morts du débarquement du 15 juin 1830. Le service des anciens combattants de l’ambassade avait été fermé en 1994 en raison des problèmes sécuritaires. Il a rouvert le 15 février 2004.

Post scriptum :

Les « lieux de mémoire » valent-ils qu’on fasse fi des évolutions officielles décidées au plus haut de l’Etat, et des normes langagières décentes ? Apparemment oui, puisque le rapporteur parle, non pas de guerre d’Algérie, comme le Parlement l’a votée à la fin des années 1990, mais « des événements ayant mené à l’indépendance » et, plus grave, où propos d’El Alia, qu’y « reposent également des morts militaires indigènes de la guerre 1939-1945 ». Heureusement que depuis, les Algériens ont retrouvé leur dignité.



Par W. M.

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