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L'oïdium se fait menaçant pour le vignoble

L’oïdium se fait menaçant pour le vignoble

La prochaine cuvée en raisins de cuve et de table fait actuellement l’objet de toutes les sollicitudes de la part des viticulteurs mais également des vinificateurs qui se souviennent avec beaucoup d’amertume de la catastrophique récolte de l’année dernière, où l’on aura constaté l’absence et parfois la rareté des traitements contre le mildiou et contre une autre maladie non moins dangereuse, il s’agit en effet de l’Oïdium dont les attaques sont susceptibles d’anéantir les efforts de toute une campagne.



Les paysans de la région du Dahra en particulier se souviendront pendant des décennies de ces attaques à répétition qui auront endommagé des récoltes entières. Cette maladie est provoquée par un redoutable champignon dont les conditions d’apparition sont une bonne température ambiante et une forte humidité. Les premières attaques sont observables sur les jeunes feuilles où le parasite se multiplie en toute discrétion jusqu’à la formation des premières baies. Ce sont d’abord quelques grains chétifs qui sont attaqués, puis le mal se propage à toute la grappe. En règle générale, lorsque cette situation est atteinte, le mal est fait. Car il n’existe pas encore de traitement curatif puissant à même d’éradiquer le champignon une fois installé. C’est pourquoi, il est toujours recommandé de faire des traitements préventifs à répétition. Lorsque les années sont sèches et que l’hygrométrie est faible, il n’y a généralement aucun risque. Mais dès que l’humidité relative augmente, c’est ce qui arrive parfois de manière peu perceptible pour le fellah, les champignons se réveillent alors à une vitesse fulgurante pour se propager ensuite de manière récurrente.

Répercussions inattendues

Ces conditions idéales sont réunies beaucoup plus en bordure de mer que dans les terres intérieures. C’est pourquoi, l’ensemble des vignes situées sur la frange littorale ou pouvant subir les effets répétés des vents marins, est sensible à l’oïdium. Les viticulteurs du Mostaganémois savent depuis longtemps si leurs parcelles de vignes sont sensibles ou pas et c’est depuis la nuit des temps qu’ils prennent toutes les précautions pour que les traitements répétitifs soient assurés dans les conditions optimales. Mais depuis deux ou trois campagnes, les coûts des produits et l’arrivée pas toujours justifiée de nouvelles molécules auront eu des répercussions inattendues sur les fellahs, lesquels se sont progressivement éloignés de leur rigueur ancestrale. Les traitements se feront de plus en plus rares, ce qui diminuera d’autant leur efficacité. Rien qu’au niveau de Benabdelmalek Ramdane, certaines parcelles ont vu leurs grappes totalement détruites en l’absence de traitements. Si bien qu’au moment décisif de la récolte, les baies qui avaient été fortement contaminées par le champignon se mettront à éclater, au grand désappointement des pauvres paysans. Si bien que par endroit, à l’ultime instant de récolte il n’y en eut point. C’est d’ailleurs cet échec consommé qui incitera beaucoup de producteurs à se détourner définitivement de la vigne. Acculés depuis plusieurs campagnes consécutives par la chute des prix de vente du raisin, ils n’attendaient qu’un coup du sort pour changer complètement d’activité agricole. Ce phénomène, dont l’ampleur reste à mesurer avec rigueur, aura concerné un grand nombre de producteurs. Les autres, ceux qui n’ont presque aucune autre alternative que celle de la viticulture, tentent de se maintenir en attendant d’y voir plus clair. Ce sont ceux-là qui donnent l’exemple en revenant à des pratiques culturales plus rigoureuses. Partout, il est possible de les apercevoir avec leurs pulvérisateurs en train de répandre les solutions de fongicides sur des vignes en pleine phase de fructification. Force est de constater que pour l’instant, la vigilance aura été payante. Il reste à espérer que les conditions atmosphériques se maintiennent au beau fixe jusqu’à la mi août. C’est à ce prix que les baies pourront se gorger de soleil et de sucres, sans courir le risque d’éclater sous l’influence néfaste et ruineuse des attaques d’oïdium.



Par B. Larbi

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Le 25.06.2008 à 16h21
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