Le coordinateur sahraoui avec la Minurso sait de quoi il parle en rappelant l’objectif assigné à cette mission par le Conseil de sécurité à sa création en 1991. C’est une véritable feuille de route qui consiste globalement dans l’organisation du référendum d’autodétermination à travers lequel le peuple sahraoui choisira son destin en toute liberté.
L’intitulé étant clair, cette mission était alors de mettre au point les opérations découlant de l’application de ce principe, comme l’identification du corps électoral, et d’autres opérations restées malheureusement à l’état de projets comme le déminage, la libération des prisonniers, le retour des réfugiés, le cantonnement des forces d’occupation et l’installation d’une administration onusienne jusqu’à la proclamation des résultats. De tout cela, seul le cessez-le-feu est appliqué. Mais tout de même un statut de ni guerre ni paix. Mais en ce sens, le responsable sahraoui ne revendique rien d’autre que l’application du plan de paix de l’ONU, dont la démarche repose sur le principe de la décolonisation. Un droit reconnu au peuple sahraoui, mais celui-ci est menacé par le recours à des formules qui ne constituent rien d’autre que la négation de ce droit que les responsables sahraouis à tous les niveaux déclarent non négociable. « Imposer » une solution en dehors de ce cadre sera considéré comme un « casus belli », a affirmé M’hamed Kheddad. « Toute solution qui sort de ce cadre est rejetée d’avance par le Front Polisario et le gouvernement de la RASD. » La présence de la Minurso dans les territoires sahraouis, a-t-il souligné, « fait partie d’un tout, dont la finalité est l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, et pas autre chose ». « Si on s’aventurait à proposer autre chose qui sort de ce cadre, si on essaye de passer outre cela et nous imposer une autre solution, ça sera bien entendu considéré comme un casus belli et un arrêt du processus dont la première pierre a été le cessez-le-feu » entré en vigueur en septembre 1991, a-t-il mis en garde. L’ONU le sait, elle qui met en évidence dans chacune de ses résolutions sur cette questions, tous les référents y afférents. Mais la bataille est en son sein ce qui retarde d’autant l’application de ce plan. Mais jusqu’à quand ? Tout, jusqu’à présent, a mis en échec la stratégie marocaine tendant à faire admettre le fait accompli colonial, ou réduire cette question à un conflit avec l’Algérie, ce que démentent fermement les textes du Conseil de sécurité qui n’accordent à notre pays que le statut de pays voisin où les populations sahraouies fuyant l’invasion marocaine ont trouvé refuge. C’est Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, qui a fait personnellement cette mise au point qu’il souhaite définitive pour rappeler au Maroc ses engagements, et à la communauté internationale ses devoirs afin de rendre justice à un peuple. La mise au point sahraoui ne manque pas de pertinence. Elle intervient dans un contexte de manœuvres tendant à faire admettre la validité d’une « solution dans le cadre de l’ONU » sans dire en quoi cela consiste, alors même qu’il n’y a rien à rajouter ni à retrancher du plan de l’ONU qui a le mérite d’exister. Pourquoi alors vouloir lui substituer un autre auquel le nouveau représentant de l’ONU serait prêt à s’associer, voire même l’endosser pour la simple raison que « le Maroc refuse le plan Baker et que certains membres du Conseil de sécurité ne sont pas disposés à lui imposer son implication, que peut-être le ‘‘réalisme’’ imposerait de chercher une autre voie et on lui prête même que cette voie n’est pas loin de ce que voudrait le Maroc d’une autonomie », comme le fait savoir M. Kheddad ? Les Sahraouis ont accepté le principe du référendum contrairement au Maroc qui s’est rétracté dès 1991 après avoir constaté que les populations des territoires occupés voteront pour l’indépendance. Ils ont même accepté le fameux plan Baker qui ne prévoyait le processus référendaire qu’après une période d’autonomie de cinq années. Le Maroc a encore dit non, et la communauté internationale n’a pas réagi à ce refus. Depuis 1991, le mandat de la Minurso est régulièrement renouvelé, mais cela ne fait qu’entretenir ce conflit, et pousser au pourrissement, voire même le retour à la guerre afin de briser ce statu quo. Depuis quinze années, de nombreuses démarches ont été tentées, mais toutes ont été mises en échec. Un échec cuisant pour le Maroc qui a vu toutes ses thèses rejetées. Et c’est ce qui le met seul face à l’ONU. Même les Etats-Unis ont refusé que soient inclus les territoires sahraouis dans l’accord de libre-échange conclu avec le Maroc en 2003. Des compagnies pétrolières ont même rompu leurs contrats conclus avec la puissance occupante, à laquelle l’ONU a refusé en janvier 2003 d’accorder le statut de puissance administrante. Seule l’Europe est passée outre en concluant son accord de pêche suscitant la colère des organisations de défense des droits de l’homme. Mais à l’inverse, l’organisation internationale est placée dans l’incapacité d’honorer ses propres engagements, et appliquer ainsi son propre plan. Il y va de sa crédibilité. Mais on voit mal l’ONU renier ses propres engagements avec beaucoup de facilité.
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