Il ne faut jamais décevoir ou décourager les bonnes volontés, et dans le cas du Liban, il y a une réelle urgence à tout mettre en œuvre pour arrêter la machine de guerre israélienne puissamment soutenue par un immense appareil de propagande, mais sans le succès escompté.
Quand c’est trop, c’est trop, sauf pour la diplomatie internationale qui a affiché un bien terrible échec. Celui de la conférence internationale sur le Liban, qui n’est pas parvenue à un accord sur un appel au cessez-le-feu immédiat, s’engageant simplement à travailler « de toute urgence » à une cessation des hostilités. La nuance est de taille, et elle a été acceptée. Mais en fin de compte, pourquoi Rome ? La question a souvent été posée si ce n’est pour soustraire ce conflit du cadre des Nations unies, lieu habituel où sont traitées les questions de ce genre. Ce n’est sans doute pas pour contourner l’échec de l’ONU frappée d’incapacité et qui vient de se discréditer, pour reprendre les propos de quelqu’un au fait du fonctionnement de cette institution, et surtout de toutes les nuances. Au « cessez le feu immédiat » a été substitué une vague formule d’efforts à déployer d’urgence pour parvenir à une cessation des hostilités. Très peu pour le Liban et sa population, mais également très grave en termes d’engagement international à rétablir la paix et la stabilité. C’est un total désengagement à l’égard de ce pays, et un échec pour ses dirigeants qui croyaient qu’il était possible d’escompter un accord qui irait dans le sens de cette fameuse résolution 1559 sans cesse remise à l’ordre du jour. En ce sens, rappelle-t-on, le Premier ministre libanais s’est rendu dans la capitale italienne avec un mandat en bonne et due forme que son gouvernement s’est attelé à élaborer.
Israël continuera à tuer
Des heures de tractations, des coups de gueule et des heurts réduits à rien ? Pas de cessez-le-feu dans l’immédiat. Israël continuera donc à tuer et détruire. Dans le texte, il est précisé que le cessez-le-feu devrait être « durable, permanent et complet ». Les participants ont exprimé, dans leur déclaration finale lue par le ministre des Affaires étrangères italien, Massimo d’Alema, leur soutien au projet d’« une force internationale (...) autorisée sous le mandat de l’ONU » pour aider la population libanaise. La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a à cet égard précisé que des « réunions multilatérales » sur la constitution de cette force auraient lieu « au cours des prochains jours », pour parler notamment de son mandat. Il faut du temps et même beaucoup pour composer, constituer et engager les travaux de ces commissions, avec préalablement un ordre du jour. « Nous voulons tous de manière pressante mettre fin à la violence », a déclaré Condoleezza Rice, dont le pays est hostile à un cessez-le-feu immédiat, contrairement à la plupart des autres membres de la conférence. Elle a toutefois souhaité que ce soit « sur une base qui serait cette fois durable ». Mme Rice a souligné que « cette région avait connu trop de cessez-le-feu qui ont été rompus ». Ce qui n’est pas faux, il est vrai, et d’ailleurs l’Etat libanais s’est fait fort d’énumérer les conditions pour le rétablissement de sa souveraineté sur toute l’étendue de son territoire. Ce qui implique la fin des opérations de la résistance, ou encore une fin de mission pour le Hezbollah. Le Premier ministre libanais avait soumis un plan comportant sept points, dont un cessez-le-feu immédiat et un échange de prisonniers avec Israël, pour parvenir à la paix. C’est tout compte fait, la chronique d’un échec annoncé. C’est grave pour la diplomatie internationale.
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