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« L'andalou, un legs à préserver pour la relève... »

Zakia Kara Terki. Chanteuse

« L’andalou, un legs à préserver pour la relève... »

Zakia Kara Terki est une interprète de musique arabo-andalouse, entre hawzi et sanaâ, œuvrant pour la protection, sans chauvinisme aucun, et la pérennité de ce patrimoine, en adoptant une démarche didactiquement mélomane en guise de legs.



Vous venez de participer au festival international chants rituels et sacrés en Méditerranée que vient d’accueillir Tunis...

Effectivement, j’ai été invitée par le Centre des musiques arabes et méditerranéennes. Une rencontre consacrée aux musiques traditionnelles et savantes du Maghreb, de la Méditerranée et même de Russie. J’ai animé un concert au palais Nedjma Zahra à Sidi Boussaïd. C’était un concert inoubliable. Le public était en or et très intéressé par la musique andalouse.

Vous avez fait la nouba...

Justement, lors de ce concert, j’ai interprété une nouba et le répertoire hawzi et aroubi. Contrairement à ce que l’on croit, le public tunisien apprécie la musique algérienne autre que le raï. Celle classique et du terroir. Et en guise de présent, j’ai interprété un standard tunisien chouchana avec une troupe algéro-tunisienne. Et là, le public m’a adoptée.

Vous chantez aussi en turc...

Oui, j’ai chanté Agoudouden du répertoire traditionnel turc que je connaissais depuis longtemps avec une formation mixte algéro-turque au siège de la Radio nationale. C’est une chanson nostalgique pour les invités turcs. Ce fut une belle surprise.

Ya-t-il une compatibilité mélomane entre le genre sanaâ et turc ?

Oui, ils sont compatibles. Ils relèvent du registre traditionnel.

Vous venez de sortir un nouvel album nouba raml. En quoi diffère-t-il des autres ?

Cet album je l’ai enregistré avec l’orchestre de la Radio nationale algérienne. Une grande formation. J’ai intégré une nouvelle instrumentation en insérant une contrebasse, par exemple.

Ce n’est pas un sacrilège pour les puristes...

Cela n’altère pas la nouba. Au contraire. La nouba est rehaussée et portée. C’est le contretemps, avec un effet grave. La contrebasse, c’est comme le rebab.

Après les albums Hawzi, Nouba rasd, Nouba ghrib et Nouba raml, envisagez-vous de boucler la boucle des 12 noubas ?

Absolument. J’espère enregistrer les douze noubas. Pour ce faire, je vais doucement et sûrement. Je prends tout mon temps pour la préparation. Je n’aime pas travailler à la hâte. Cela ne m’arrange pas. Je sors un album tous les deux ans.

C’est une démarche pédagogique de préservation du patrimoine...

Oui, c’est une démarche discographique s’inscrivant dans la protection et la préservation. Ce sera un legs pour la relève, la promotion et la longévité du patrimoine arabo-andalou.

Et votre projet d’ouverture d’une école de musique andalouse ?

Je l’ai toujours en tête. Et depuis toujours. Il s’agit d’une question de temps. Il y a énormément de parents d’élèves qui souhaitent la création d’une telle école, sans prétention aucune.

Justement, vous êtes issue de deux écoles...

J’enseignerais les styles de Tlemcen, gharnati et la sanaâ d’Alger. Une richesse à faire partager avec les autres.

Zakia Kara Terki Nouba raml 1CD/ Gamma



Par Smail K.

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