Saddam Hussein sera exécuté dans un mois
Une cour d’appel irakienne a confirmé, hier, la peine de mort (par pendaison) à laquelle avait été condamné l’ancien président Saddam Hussein le mois de novembre dernier pour le massacre, en 1982, de 148 villageois chiites à Doudjaïl.
L’information a été annoncée durant la matinée par Mouwafak al Roubaie, un des responsables de la sécurité nationale irakienne. « La cour d’appel a approuvé le verdict sur la pendaison de Saddam », a-t-il précisé. L’information sera confirmée, en outre, dans la soirée par le président du haut tribunal pénal irakien, Rachid Djouhi. La cour d’appel a approuvé la sentence de mort. Le gouvernement a le droit de choisir la date (de l’exécution), à compter de demain et dans un délai de trente jours. Après trente jours, l’application de la sentence sera obligatoire », a-t-il déclaré. A rappeler qu’à l’issue de son premier procès, Saddam Hussein, 69 ans, avait été jugé coupable, le 5 novembre, de crimes contre l’humanité pour la mort de 148 villageois chiites de Doudjaïl, après avoir survécu à une tentative d’assassinat en 1982 dans cette localité. Son demi-frère Barzan al-Tikriti, ancien chef des services de renseignement, et l’ancien président du tribunal révolutionnaire, Aouad El-Bandar, ont été également condamnés à mort et la sentence a aussi été confirmée, hier, en appel. Leur appel a été rejeté et tous deux seront pendus d’ici 30 jours. La cour a souhaité de plus que l’ancien vice-président Taha Yassine Ramadan, condamné à la réclusion à perpétuité, soit également pendu. Aussitôt après l’annonce de la décision de la cour d’appel du haut tribunal irakien, l’Inde, qui entretenait des relations étroites avec l’Irak du temps de Saddam Hussein, a appelé le même jour à la clémence. « L’Inde espère que la peine de mort contre l’ancien président irakien Saddam Hussein ne sera pas appliquée », a annoncé, d’après l’AFP, l’agence Press Trust of India (PTI), citant un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La Grande-Bretagne a également exprimé son opposition à la peine de mort, après la confirmation par la cour d’appel irakienne de la condamnation à mort de Saddam Hussein. « Comme le Premier ministre Tony Blair l’a clairement dit, l’exécution de Saddam Hussein relève entièrement du tribunal indépendant irakien », a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères. « Notre position est inchangée. Nous sommes opposés au principe de la peine de mort mais la décision appartient aux autorités irakiennes », a-t-il ajouté. Amnesty International a fait part aussi de sa déception après la confirmation des sentences de mort. « Nous sommes contre la peine de mort, par principe, et plus encore dans cette affaire car le procès n’a pas été équitable », a dit une porte-parole de l’organisation de défense des droits de l’homme. En revanche, la Maison Blanche a jugé que la confirmation de la condamnation à mort de Saddam Hussein était un événement qui « ferait date » pour les Irakiens et a estimé que l’ancien « tyran » avait eu un procès juste. Pour le principal avocat de l’ancien « raïs », Khalil El Doulaïmi, interrogé à Amman, « si la sentence est exécutée ce sera une catastrophe pour la région et cela ne fera qu’aggraver les conflits religieux ». A signaler que Saddam Hussein est actuellement jugé avec six autres co-accusés dans un second procès pour la mort de milliers de Kurdes lors de l’opération « Anfal », menée en 1988 dans le nord de l’Irak. L’ancien dirigeant est poursuivi pour génocide dans ce deuxième dossier.
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