Génocide à Ghaza
Les Ghazaouis ne sont pas au bout de leurs peines. L’opération « Plomb durci », à sept semaines des législatives israéliennes, s’avère être un véritable bain de sang. Les chars du Tsahal ont poursuivi hier l’encerclement de la bande de Ghaza.
Les enfants et les civils, piégés dans un territoire minuscule et surpeuplé, payent un lourd tribut de ces bombardements considérés comme les plus meurtriers de l’histoire depuis la guerre des Six Jours, en 1967. Parmi les victimes palestiniennes, Lama et Haya Hamdan, âgées de 4 et 11 ans, ont péri hier dans l’attaque qui a visé une charrette tirée par un âne à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Ghaza. La folie meurtrière d’Israël a également ébranlé le secteur de Khan Younès, dans le sud de la bande de Ghaza où un Palestinien a été tué et deux autres blessés dans un raid aérien contre une position de la police du Hamas. Au total, plus de 360 Palestiniens, en majorité des membres du Hamas mais aussi plus de 50 civils, ont été tués depuis samedi dans l’offensive aérienne israélienne contre le mouvement islamiste à Ghaza. Israël, qui se dit engagé dans une « guerre sans merci » pour écraser le Hamas afin d’améliorer « à long terme sa sécurité autour de la bande de Ghaza », pourrait entamer une offensive terrestre.
Le gouvernement israélien a déjà mobilisé 6500 réservistes et déployé des renforts d’infanterie et de blindés à la lisière de la bande de Ghaza, selon l’AFP. Hier encore, des dizaines de raids israéliens, au moins une quarantaine, ont visé des bâtiments, notamment des installations de ministères ou des services de sécurité, a-t-on appris de sources du Hamas et de témoins. Parmi les cibles de cette nouvelle nuit d’attaques, pour la plupart concentrées dans la ville, figurent le siège du Premier ministre, les ministères de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances, l’Université islamique déjà frappée la veille et un club lié au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas. La majorité des victimes des raids israéliens sont des policiers et des cadres du Hamas. « Après l’opération, il ne restera plus aucun bâtiment du Hamas debout », a assuré le général Dan Harel, chef d’état-major adjoint, cité par le journal Le monde. Il poursuit : « Nous ne frappons pas uniquement les terroristes et les lance-roquettes, mais également l’ensemble du gouvernement du Hamas.
Nous visons les édifices officiels, les forces de sécurité et nous ne faisons aucune distinction entre les différentes ramifications du Hamas. Nous ne sommes qu’au début de la bataille. Le plus dur est devant nous, car nous voulons changer les règles du jeu. » Malgré le pilonnage intensif d’Israël, les militants du Hamas opposent une farouche résistance. Plus de 200 roquettes et obus de mortier ont été tirés sur Israël depuis samedi. Par ailleurs, des blessés palestiniens ont pu emprunter lundi le terminal de Rafah, rouvert par l’Egypte afin de permettre également le passage de l’aide alimentaire et médicale vers la bande de Ghaza, selon un journaliste de l’AFP. En plus du déluge d’acier qui s’abat sur les Palestiniens, une vedette de la marine israélienne a éperonné un bateau transportant des militants pro-palestiniens qui tentaient de briser le blocus imposé par Israël. Ce bateau, qui a réalisé cinq traversées vers Ghaza depuis août en dépit du blocus israélien, était chargé de trois à quatre tonnes de matériel médical, notamment des bandages et des attelles.
Côté israélien, les colons se montrent unis et partisans de l’offensive du Tsahal. Ils estiment de leur « bon droit » de bombarder les 1,5 million de Ghazaouis, qui vivent dans le dénuement et la peur, afin de mettre au pas le Hamas. Les Israéliens, connus pour être de fins stratèges, devraient savoir qu’une opération musclée ne ferait que donner une légitimité nouvelle au parti islamiste. Dans les rues, raconte un journaliste de l’AFP, les minarets de plusieurs mosquées diffusent des versets du Coran en signe de deuil. Des femmes en pleurs se dirigent à pied vers l’hôpital. Et Al Aqsa, la télévision du Hamas, passe en boucle des images de corps et de membres déchiquetés et ensanglantés gisant par terre avec l’inscription « L’Holocauste continue » au coin de l’écran. Un speaker a dénoncé le « silence » et la « complicité » des pays arabes.
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