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Rapport Butler

Guerre en Irak

L’enfer de la « zone verte »

Le rapport Butler, du nom du président de la commission d’enquête britannique, sur la guerre en Irak relançait lui aussi hier à travers certains faits, comme l’absence d’ADM (armes de destruction massive), le bien-fondé de cette guerre déjà frappée d’illégalité et d’illégitimité car décidée unilatéralemnt par un seul pays, les Etats-Unis en l’occurence.



Ce qui rend à l’inverse tout aussi légitime et juste cette guerre de résistance que des Irakiens opposent aux troupes étrangères justement qualifiées d’occupation, tandis que leurs alliés locaux sont considérés comme des traîtres. Ce qui explique alors le déchaînement de violence qui vise le nouveau cabinet installé dans un véritable bunker. C’est-à-dire ce qu’on appelle la zone verte, laquelle a pris hier les couleurs de l’enfer. En effet, hier une journée qui marque le 46e anniversaire du renversement de la monarchie en Irak, des ambulances sirènes hurlantes qui chargent des corps en sang, un cratère d’un mètre de profondeur devant le complexe qui abrite le siège du gouvernement et l’ambassade américaine : une voiture piégée a tué dix personnes entretenant à Baghdad de nouvelles scènes d’apocalypse, ou de guerre sans fin, malgré les engagements du nouvel Exécutif. Et tout cela s’est déroulé dans la « Zone verte », le très vaste périmètre qui accueille le gouvernement intérimaire et la plus grande ambassade américaine du monde. L’explosion, qui pourrait être un attentat suicide, a creusé un cratère d’environ deux mètres de diamètre et d’un de profondeur devant le vaste complexe, là où s’effectuent fouilles et contrôles. Des soldats américains et irakiens ont bouclé le lieu de l’attentat, situé à environ 100 m de l’ambassade britannique, et à une dizaine de mètres de l’entrée des véhicules. Un policier affirme que la voiture piégée contenait 450 kg d’explosifs, un chiffre impossible à vérifier sur le moment. Deux heures après l’attentat, le Premier ministre Iyad Allaoui et son adjoint Barham Saleh étaient sur le lieu du drame, protégés par des hommes en armes. « C’est une agression flagrante contre le peuple irakien, nous allons traîner ces criminels devant la justice. Nous pensons que c’est une réponse à de récentes arrestations, au cours des deux derniers jours », a dit M. Allaoui, qui a fait de la lutte contre la violence sa priorité, sur le lieu de l’explosion. Selon lui, l’attentat a fait dix tués, trois membres de la Garde nationale et sept civils et une quarantaine de blessés, parmi les personnes rassemblées devant la principale entrée de la « zone verte », à la recherche d’un travail. Cet attentat a temporairement éclipsé la crise des otages étrangers en Irak, quelques heures après l’exécution mardi soir d’un civil bulgare. La Bulgarie a déclaré qu’elle maintiendrait, malgré tout, son contingent de militaires en Irak, composé de 470 hommes placés sous commandement polonais. Les Philippines ont de leur côté engagé hier le retrait de leur contingent de 51 militaires et policiers, apparemment afin de sauver la vie de leur ressortissant pris en otage, en dépit d’un avertissement des Etats-Unis qui y voient un « mauvais signal » adressé aux auteurs des enlèvements. De leur côté, les Britanniques, qui s’attendaient certainement à des révélations qui mettraient gravement en cause les dirigeants de leur pays, n’ont pas eu satisfaction. Le rapport tant attendu met tout simplement en cause l’appareil des services de renseignement, élément fondamental sur lequel repose toute décision politique. Ces derniers sont qualifiés de défaillants. Plus précisément, y est-il mentionné, le Premier ministre britannique Tony Blair n’est pas responsable des défaillances des informations des services de renseignement britanniques sur les armes de destruction massive de l’Irak, avant la guerre en Irak. Le rapport très attendu de lord (Robin) Butler a également estimé que beaucoup des informations des services de renseignement britanniques utilisées pour justifier la guerre en Irak étaient peu fiables. L’Irak n’avait probablement pas d’armes de destruction massive utilisables avant la guerre, a notamment avancé ce rapport consacré à la « performance » des services secrets britanniques avant la guerre en Irak. C’est une bien maigre consolation pour les Irakiens qui vivent l’enfer depuis mars 2003, dans la précarité, et de vagues promesses.



Par T. Hocine

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