La réaction est proportionnelle au degré de la violence », affirme un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères sur son site internet. Le terme « violence » renvoie aux tirs de roquettes du Hezbollah, dont la force de frappe reste encore inconnue. Peu de précisions aussi sur la durée de l’agression israélienne contre le Liban.
Selon le quotidien Ha’aretz, des sources militaires estiment que « 10 à 14 jours supplémentaires sont nécessaires pour réaliser les objectifs militaires (israéliens) au Liban ». « L’incursion ne sera pas de longue durée », dit de son côté Dan Gillerman, l’ambassadeur israélien aux Nations unies. Déclarations qui contredisent les dires de l’armée israélienne qui a prévenu l’opinion internationale et intérieure que son opération au Liban serait de longue durée. « Il ne faut pas voir cela comme une question de jours. Cela va durer longtemps », a déclaré le chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air israélienne. Mais les observateurs craignent que le Liban, déjà « ramené 50 ans en arrière », selon les termes du gouvernement libanais, ne subisse une nouvelle version de l’opération « Paix en Galilée » de 1982 lorsque l’armée israélienne avait assiégé et bombardé Beyrouth de juin à septembre avant d’envahir la ville et chasser les combattants de l’OLP. Il s’en est suivi le massacre de Sabra et Chatila, camps de réfugiés palestiniens où les Phalangistes, Kataêb, ont commis d’effroyables massacres avec une large complicité israélienne. Le scénario d’une guerre plus longue dans le temps est malgré tout difficile à cerner. Reuters a révélé hier que les plans de l’opération que mène actuellement Israël au Liban étaient dans les cartons de l’état-major depuis longtemps et visent à modifier le rapport de force régional, citant des sources militaires. En tentant de réduire à néant le stock de missiles du Hezbollah, indiquent ces sources, Israël ne souhaite pas seulement protéger le nord de son territoire « mais aussi affaiblir l’Iran, qui utilise le Hezbollah par procuration dans sa confrontation avec l’Etat juif ». L’agression se veut aussi un message envoyé à la Syrie, autre soutien du Hezbollah, et au Hamas palestinien. Il est vrai aussi que le président palestinien, Mahmoud Abbas, a mis en garde depuis le début de l’agression contre le déclenchement d’une « guerre régionale ». D’un autre côté, les déclarations de l’armée israélienne, notamment celles du chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne, le général Moshe Kaplinski, et celles du commandement de l’armée du Nord, évoquant une offensive terrestre visant le Sud-Liban, n’ont pas été concrétisées sur le terrain. Mais le chef d’état-major Dan Haloutz a récemment estimé qu’« une offensive terrestre n’est pas nécessaire pour achever nos opérations au Liban contre le Hezbollah ». Est-ce la résistance fluide et essaimée du Hezbollah qui empêche l’armée israélienne d’avancer ? L’AFP rappelle que l’explosion d’un char, le 12 juillet, peu après la capture de deux soldats par le Hezbollah a considérablement refroidi les ardeurs de nombreux officiers qui craignent des pertes humaines en cas d’offensive terrestre. Quatre soldats ont péri dans cette explosion, puis un autre pendant les opérations de récupération des corps. L’invasion du Liban en 1982 a coûté à l’armée israélienne 675 soldats. Selon des officiers du renseignement cités par l’AFP, le Liban-Sud n’est en effet qu’un « immense piège » qui peut se refermer sur les militaires.
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