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TRANSPORT MARITIME

GRÈVE À L’ENTMV

La direction déboutée par la justice

Retour de manivelle pour la direction générale de l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (Entmv). La grève des officiers de la marine marchande, observée du 26 juin au 6 juillet 2004, était bel et bien légale. La chambre des référés de la cour d’Alger a en effet annulé hier l’ordonnance du tribunal de Sidi M’hamed qui avait, le 4 juillet dernier, déclaré l’inverse.



Du coup, toutes les mesures répressives engagées par la direction de l’Entmv tombent à leur tour dans l’illégalité. « Par cet arrêt, la cour d’Alger a donc définitivement statué sur le caractère légal de la grève qui permettra de rétablir tous les officiers dans leurs droits légitimes », a réagi le Syndicat national des officiers de la marine marchande (Snommar), dans un communiqué rendu public hier. Organisation autonome regroupant une centaine d’officiers, sur les 140 que compte l’entreprise, le Snommar avait observé un arrêt de travail afin de faire aboutir une plate-forme de revendications socioprofessionnelles qui traîne depuis le début de l’année en cours et dont la légitimité a été reconnue par la direction générale de l’Entmv dans une correspondance datée du 15 mai. Considérant le verdict d’hier comme une première victoire contre leur employeur, les officiers appellent à l’annulation de toutes les poursuites engagées contre eux par ce dernier. Déboutée par la justice, celui-ci voit en effet toute sa politique répressive battue en brèche. En dépit de l’appel du syndicat à la reprise du travail, au lendemain de la prononciation de l’ordonnance du tribunal de Sidi M’hamed, la direction générale de l’Entmv avait quand même décidé d’engager des poursuites pénales contre 13 officiers membres du conseil syndical pour avoir provoqué une « grève illégale ». En outre, environ une trentaine d’officiers ont été suspendus pour une durée illimitée avec gel de leurs salaires depuis deux mois. Le verdict, en appel, devra donc les rétablir dans leurs droits. L’ordonnance du tribunal de Sidi M’hamed, de même que les raisons l’ayant suscitée, avait abasourdi les officiers de la marine marchande. Le président du tribunal de Sidi M’hamed avait justifié sa décision par la pénalisation des passagers et la tenue en dehors du lieu de travail de l’assemblée générale ayant présidé à la grève. « Toute grève doit forcément causer des désagréments » et « le lieu de travail reste le navire » d’où l’organisation de l’AG au siège du syndicat avait répliqué le Snommar qui s’attendait plutôt à voir la direction de l’Entmv condamnée pour « atteinte au droit de grève » après le recrutement d’officiers de la Compagnie nationale de navigation (CNAN Group) pour l’exploitation des navires et briser ainsi le mouvement de protestation. Cela, conformément aux articles 33 et 57 de la loi 90-02 du 6 février 1990 relative à la prévention et au règlement des conflits collectifs de travail et à l’exercice du droit de grève, qui interdisent le recours à un personnel étranger en temps de grève. Rétabli dans son droit, après plus de deux mois de lutte, le Snommar appelle la direction générale de l’ENTMV à se conformer à la loi.



Par Hamiche Amar

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