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 Focus sur la traduction et le discours politique

8e colloque international sur le roman

Focus sur la traduction et le discours politique

Différents angles de la littérature arabe et algérienne ont été abordés, hier, lors de la deuxième journée du 8e colloque international sur le roman de Abdelhamid Benhadouga qui se tient depuis lundi dernier à la maison de la culture Mohamed Boudiaf de la wilaya de Bordj Bou Arréridj.



On citera d’abord l’intervention du Dr Hafnaoui Baâli, de l’université de Annaba, qui portera sur la traduction des romans algériens d’expression française. Selon lui, rares sont les traducteurs qui respectent fidèlement les textes initiaux, principalement lorsqu’il s’agit de traducteurs moyen-orientaux. Pour le conférencier, la raison en est l’importance démesurée accordée au côté social des récits traduits au détriment du style et des figures linguistiques des textes originaux. Il citera plusieurs exemples, dont les œuvres de Dib et de Kateb Yacine, dont les traductions étaient « loin » des textes originaux. Reste à préciser qu’il s’agit là de traduction remontant aux année 1970 et que d’autres, plus récentes, sont moins « incriminables ». Un autre thème abordé en cette même journée, l’usage du discours religieux dans le roman algérien, par le Dr Makhlouf Aâmer. Ce dernier expliquera ainsi que durant les années 1970 ce discours était intégré dans un cadre idéologique politique clair. Tahar Ouattar en était le meilleur exemple à travers ses œuvres. Mais, précisera l’intervenant, les années 1990 marqueront le « retour à soi » et donc la fin de la mainmise du discours politique. L’intellectuel, isolé, voire exilé, transforme le discours religieux à travers la description de la violence qui a totalement envahi son pays, mais aussi l’extrémisme religieux qui prend l’art en otage. Beaucoup d’autres questions seront également traitées, notamment le terrorisme dans le roman algérien et les transformations du nouveau roman maghrébin, ou encore la réalité politique arabe dans les œuvres d’Ahlem Moustaghanemi, le lecteur et l’auteur à travers le roman de Boualem Sansal, Le Serment des barbares. Le professeur Ahmed Khiat comparera deux œuvres de Boudjedra et de Mohammed Dib, et le Dr Rachid Benmalek se penchera, quant à lui, sur El Sahn, œuvre de la Jordanienne Samiha Kharis. En parallèle aux communications données à la maison de la culture Mohamed Boudiaf, des professeurs se sont déplacés dans deux lycées de la ville de Bordj Bou Arréridj pour donner, eux aussi, des conférences destinées à sensibiliser les jeunes à la littérature. Comme nous l’expliquera le Dr Bourayou, président du comité scientifique du colloque et auteur, entre autres, des Cartes populaires algériennes d’expressions arabe (OPU 1993), l’objectif de cette rencontre est aussi de « créer une tradition chez les jeunes lycéens » et les sensibiliser à l’art de la littérature et son importance, tant sur le plan social, historique et politique que culturel.



Par Zineb Merzouk

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