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Festival internationalde la musique Gnawie

Des sonorités et des images

Dimanche dernier s’est ouvert, au théâtre de Verdure du Bois des Arcades à Riadh El Feth, le festival de la musique gnawie. Sur les chapeaux de roue diront les mélomanes, nombreux à prendre place dans les gradins de cet espace enfoui du Bois des Arcades. Tous ceux qui représenteront ce genre de musique y prendront-ils part ? Pas si sûr.



La scène musicale gnawie, qui permet d’« enlacer nos racines africaines », est diversifiée et le choix fait par les organisateurs semble être arbitraire, fait-on entendre. Qu’à cela ne tienne, la rencontre du public algérois qui ne boudera pas son plaisir avec des musiciens venus du Sud, où le gnawi a pris racine, loin s’en faut. Deux groupes, l’un de chez nous et l’autre du Maroc, ont animé la première soirée à laquelle ont assisté surtout des jeunes mordus de sonorité afro-jazz. Lauréat de l’édition du Festival de Béchar, le groupe Diwan El Waha a commencé la soirée et des pas de danse des jeunes, qui semblent prendre à bras le corps cette sensibilité musicale, n’ont pas tardé à fouler la scène. Point de personnes adultes qui semblent apprécier d’autres goûts musicaux. L’enfant de Casa, Hassan Boussou, dont l’attachement à la musique gnawie est réel, prendra le relais, offrant une ambiance autrement plus festive. Les succès, ce maâlem (maître) en a eus et ses passages dans les grandes capitales de la musique en sont la preuve. De nouveaux apports et un terreau traditionnel pour cette musique qui n’a pas tardé à prendre place sur la scène musicale européenne. Les Marocains, qui ont tôt apprécié le gnawi, seront talonnés de près par les Algériens et autres musiciens venus du fleuve Sénégal et d’ailleurs. Les organisateurs, guère échaudés par les petits couacs de la première édition organisée à l’Agora du Riadh, ont décidé d’axer la programmation artistique 2008 autour de « l’afro-gnawa-jazz », connu de tous. Le sampling (échantillonnage) qui « tend à fausser l’oreille non avertie et à dénaturer l’essence des instruments » n’y a pas pris place. « Un pole cinéma » a été créé à l’occasion : plusieurs films seront diffusés chaque après-midi, jusqu’au 11 juillet 2008, à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El Feth. Aussi, chaque matin jusqu’à cette même date, la salle verra les productions de plusieurs artistes qui assureront des masters class et des rencontres pédagogiques avec tous les « passionnés » de la musique gnawie. « Chaque matin, gratuitement, un artiste de renommée internationale et d’une expérience certaine sera à la disposition des festivaliers pour un moment convivial sous le signe du partage », affirme-t-on. Couac au premier jour du festival, les agents de sécurité ont fait du zèle et interdit aux journalistes de prendre place dans l’espace VIP qui leur était réservé.



Par Nadir Iddir

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