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Fédération internationale des journalistes

« Il reste à dépénaliser l’acte de presse »

La Fédération internationale des journalistes a pris acte, hier de la décision de la présidence de la République algérienne de gracier plus d’une centaine de journalistes, 200 selon un chiffre officiel, poursuivis pour diffamation, entraînant pour certains des peines de prison ferme. « Le fait est là : plusieurs dizaines de journalistes menacés de peines d’emprisonnement seront graciés. C’est un premier pas positif », a déclaré Aidan White, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes.



« Cependant, nous maintenons notre revendication de principe concernant la suppression des articles du code pénal qui prévoient des peines d’emprisonnement et de fortes amendes pour les professionnels des médias et les entreprises de presse indépendantes », a-t-il ajouté. Le geste du président Bouteflika intervient après trois années de harcèlement policier et judiciaire contre la presse indépendante. Ces attaques se sont soldées par l’emprisonnement de 7 journalistes et la condamnation de 23 autres à des peines de prison ferme. « Cette décision intervient quelques jours après la libération de Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le Matin, qui a dû mener à son terme un calvaire de deux ans de prison, et reste encore aujourd’hui privé de son passeport », a déclaré Nadir Benseba, coordinateur de la FIJ à Alger ajoutant que « cette affaire symbolise le niveau des pressions qui ont pu être portées contre les journalistes indépendants. » Selon lui, la grâce présidentielle doit être accompagnée par une volonté politique qui mettra définitivement fin à tout acharnement contre les journalistes et la presse libre. La Fédération internationale des journalistes revendique depuis des années auprès des gouvernements la nécessité de dépénaliser l’acte de presse. Elle a engagé une campagne internationale à cet effet et appelle les professionnels des médias à rester mobilisés. « Les autorités algériennes ont été informées de la nécessité d’abroger les articles de loi jugés liberticides, qui représentent tout simplement une grave menace pour la pratique démocratique », a relevé Nadir Benseba. Les professionnels craignent que de futures actions soient intentées contre les journalistes passibles d’un éventuel outrage à institution et corps constitués. Ils demandent à ce que les problèmes liés à l’éthique et la déontologie professionnelle soient traités comme des questions professionnelles, ne relevant pas de dispositions pénales. La FIJ saisit donc cette occasion pour relancer sa demande auprès des autorités algériennes afin d’abroger les articles du code pénal menaçant la liberté de la presse et d’expression en Algérie.



Par R. N.

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