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   Arts et Lettres












Expositions d’art et d’histoire

Merveilles solitaires

Aujourd’hui s’achève au palais de la culture Moufdi Zakaria l’exposition sur l’art arabe contemporain. Soixante-dix artistes, la plupart cotés mondialement, un panorama magnifique depuis les années trente à ce jour, relatant la naissance et l’évolution d’une expression puisant à la fois dans les courants modernes universels et dans les patrimoines arabe, mésopotamien, phénicien, égyptien, amazigh…



Ajoutez une scénographie de niveau international qui rendait avec talent les œuvres. Pour une fois, tout était réuni de manière impeccable. Pourtant, il n’y a pas eu foule pour cette exposition. Faut-il imputer cette défection aux habitudes du Ramadhan où l’engouement culturel se concentre plutôt sur les spectacles (concerts, théâtre…) ? En partie seulement, car il est établi que le reste de l’année, les taux de fréquentation des musées et galeries demeurent très bas. Si les traditions culturelles ne se décrètent pas, leur encouragement est à même d’appuyer leur développement. Au cœur de ce dispositif, la promotion apparaît comme vitale. Les événements culturels devraient bénéficier de budgets de communication plus conséquents : spots TV et radio, placards de presse, affiches, etc. Il en est ainsi dans tous les pays où la vie culturelle est très avancée ce qui, à plus forte raison, en justifie l’utilité chez nous. Comment surtout imaginer une formation des publics sans les institutions scolaires ? Les visites guidées d’écoliers et de lycéens qui viennent en bus de l’intérieur du pays pour visiter Maqam Echahid, ne pourraient-elles pas bifurquer une petite heure sur un musée ? Le mérite de monter de belles expositions ne peut être complet qu’à la faveur d’une telle mobilisation. En attendant qu’une réflexion et des actions concrètes puissent voir le jour sur ces questions, signalons quelques expositions intéressantes qui ne s’achèveront que le 31 octobre. Le Musée national des Antiquités (Parc de la Liberté, Alger), propose un voyage « De Ikosim à El Djazaïr », sur les traces historiques de la capitale depuis l’Antiquité. Objets archéologiques, pièces de monnaie, miniatures, costumes… Les visiteurs peuvent y voir notamment le trésor d’Ikosium qui avait permis de connaître le nom antique de la ville ainsi que des céramiques découvertes en 1999 lors de travaux à Djamaâ El Jedid. Au Palais des Raïs (Bastion 23), c’est « L’utilisation du métal dans l’art islamique » qui est mise en valeur. Objets domestiques, accessoires de caractère religieux, serrures anciennes, armes, outils et instruments scientifiques, tel cet astrolab magnifique qui servait aux calculs astronomiques et à la navigation. La visite des lieux où se tiennent ces expositions est déjà une découverte pour ceux qui ne les connaissent pas et, pour les autres, l’occasion d’une promenade, seul, en groupe, en famille…



Par Amar Tamin

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