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El Mundo « interdit de territoire »

La censure reprend au Maroc

El Mundo « interdit de territoire »

La vente du quotidien espagnol El Mundo a été interdite, jeudi et vendredi, au Maroc, ont indiqué vendredi à l’AFP la direction du journal et la société marocaine en charge de sa distribution.



Selon El Mundo, les autorités marocaines ont informé le quotidien que cette saisie a été décidée parce que l’édition de jeudi publiait un article du journaliste franco-marocain Ali Lemrabet, collaborateur régulier du quotidien. Dans une lettre à El Mundo, la directrice de l’Information au ministère marocain de la Communication, Fatiha Layadi, a expliqué que Ali Lemrabet « prétend être le correspondant du journal à Rabat alors qu’il n’a jamais reçu d’accréditation de notre ministère » et qu’il est interdit d’exercice de la profession de journaliste pour une période de 10 ans dans le royaume. Dans un communiqué, Ali Lemrabet a dénoncé cette saisie et rejeté les raisons invoquées par les autorités marocaines. Une source espagnole à Rabat a confié à l’AFP que les autorités marocaines ont saisi El Mundo « à cause d’un article de Ali Lemrabet jugé diffamatoire à l’encontre de la famille royale marocaine ». L’article, publié dans l’édition de jeudi d’El Mundo, était basé sur des déclarations d’un Marocain se présentant comme un ancien agent subalterne des services secrets qui a fui son pays pour demander le statut de réfugié politique en Espagne. Dans son communiqué, Ali Lemrabet rappelle que la justice marocaine l’avait condamné à dix ans d’interdiction de l’exercice de la profession de journaliste pour avoir déclaré à l’hebdomadaire marocain Al Moustakil, en janvier 2005, que les Sahraouis des camps de réfugiés de Tindouf, dans le Sud algérien, sont des « réfugiés » reconnus comme tels par les Nations unies et non des « séquestrés » comme le veut la version officielle marocaine. « En ce qui concerne mon droit à l’exercice de la profession de journaliste dans mon pays, je n’ai jamais reconnu à la justice marocaine, dont tout le monde connaît le très haut degré de dépendance envers le pouvoir politique, le droit de me juger sur la base de mes opinions, qui sont toujours pacifiques et en accord avec ma conscience », indique Ali Lemrabet. « Quant à mon travail de correspondant du quotidien El Mundo au Maroc, ce n’est pas au ministère marocain de la Communication de choisir la personne qui lui paraît la plus à même de remplir cette fonction. Cet attribut relève de la direction du journal », ajoute le journaliste.



Par Adlène Meddi

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