« N’ayez pas peur de la loi, ayez peur du juge » Et même si ce n’est qu’un dicton, il en dit long sur les appréhensions des citoyens qui, pour une raison ou pour une autre, foulent le sol d’un tribunal.
Une phobie générée par plusieurs années d’abus de pouvoir, de clientélisme et de toutes sortes d’injustices. Et la conférence sur les droits de l’homme, organisée par la Cour de Tlemcen à l’occasion du 57ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, ne pouvait que rassurer un tant soit peu la population, mais surtout évaluer une situation. Et à ce sujet, le procureur général près la Cour de Tlemcen, M. Saâdallah Behri, se voulait d’emblée optimiste : « L’état des droits de l’homme en Algérie a connu des changements prodigieux par rapport aux années précédentes, notamment depuis la réforme de la justice et l’initiation de la réconciliation nationale par le président de la République. Et il n’est pas besoin de dire que les progrès enregistrés dans ce domaine sont universellement reconnus », dira-t-il. Le président du tribunal de Ghazaouet a abordé, quant à lui, la question des nouveaux textes juridiques dont le code de la procédure pénale « qui donne, selon lui, une indépendance au juge algérien. » « Ces textes, estime ce dernier, sont une des preuves de l’existence d’un Etat de droit en Algérie. » Selon ce même conférencier, « le code de procédure pénale a consolidé les droits de la défense et ce, en permettant au suspect de choisir un avocat pour l’assister auprès de la police judiciaire » Enfin, il précisera : « Que ce soit pour les affaires jugées en publics ou a huit clos, le verdict doit être porté à la connaissance du public ». Et qu’en est-il de la présomption d’innocence ? Un membre du bâtonnat rappellera que « Le justiciable n’est pas confiant quand il franchit le seuil d’un tribunal, il a la peur au ventre, qu’il soit accusé, témoin ou justiciable, même s’il a la loi de son côté ». Selon cet orateur, « La présomption d’innocence doit s’imposer à tous les niveaux de l’appareil et du fonctionnement judiciaire et, la justice doit être à l’écoute avant de dire le droit. » « Est-ce toujours le cas ? » devrions-nous s’interroger.
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