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Des fours écolos chez les potiers

Opération pilote contre les gaz à effet de serre au Maroc

Des fours écolos chez les potiers

Des cendriers de toutes les tailles et de toutes les couleurs, des moules en forme de babouches, des services à soupe aux motifs orientaux… Le village des potiers de Saâda, à quelques cinq kilomètres de Marrakech, est un paradis pour touristes. Il y a quelque années pourtant, pas un visiteur n’aurait pu y entrer. « Le village de trois hectares et demi était une véritable décharge.



Marrakech : De notre envoyée spéciale

Les potiers stockaient les détritus, des plastiques ou des pneus dont ils avaient besoin pour fabriquer leurs objets partout où ils trouvaient de la place », explique Ahmed Chehbouni, directeur du Centre de développement régional du Tensift. « Une vraie catastrophe en termes d’émissions de gaz à effet de serre à tel point que le gouverneur voulait déplacer le village encore plus à l’extérieur de la ville. » La pollution posait aussi des problèmes de santé, car en plus des déchets laissés à l’air libre, les habitants respiraient les fumées – des examens médicaux ont permis de détecter de nombreux cas d’asthme – et les cendres allaient se déposer sur les cultures alentours. « Chaque four (il y en avait 106) nécessitait environ 4 tonnes de bois par semaine. Comme les potiers effectuaient huit cuissons par mois, on a estimé à plus de 40 000 tonnes par an la quantité de bois utilisée », poursuit Ahmed Chehbouni.

« Ce qui correspond à une production de presque 60 000 tonnes de dioxyde de carbone par an et une disparition de 127 hectares de forêt. » Le CDRT a alors mené une opération pilote avec l’aide de plusieurs partenaires, dont le Programme des Nations unies pour le développement, le Conseil régional, le ministère de l’Artisanat, etc. Objectif : remplacer les fours traditionnels par des fours « propres », fonctionnant au gaz propane. « A l’intérieur, la température est de 1000 °C. A l’extérieur, grâce à l’isolation en fibres de céramique, elle n’est que de 50°C », précise Saïd Kherbouch, le président de l’association Koutoubia. A l’intérieur, les briques réfractaires et un système de double cloison permettent de réduire les échanges de température entre l’extérieur et l’intérieur. » Et alors que l’ancien four exigeait au moins trois personnes pour charger le contenu, le « chariot actuel » peut être manipulé par une seule personne. « Le potier enfourne ses objets – jusqu’à 1200 petits tajines – le soir, rentre chez lui et revient seulement le lendemain matin », poursuit Saïd Kherbouche.

Noirs de cendre

Progressivement remplacés, ces fours ont bouleversé la vie au village. Les allées du village ont été pavées. La place gagnée, une fois les pneus et les détritus enlevés, a été transformée en ateliers, parfois même avec une petite boutique. « Avant, les femmes ne pouvaient pas venir », ajoute Ahmed Chehbouni. « Il fallait voir les hommes étaient noirs de cendre et on ne pouvait pas respirer. Maintenant, elles travaillent dans les ateliers, démoulent, vernissent, enfournent… » L’artisanat a changé. Ali, un potier, nous montre sa production de carreaux. Sur le toit, des ouvriers les fabriquent et les font sécher à l’état brut. A l’intérieur de l’atelier, les carreaux cuisent et sont ensuite émaillés. « Les fours traditionnels ne permettaient pas de faire ce type de produit, que l’on ne trouvait que dans la région de Fès, explique le responsable du CDRT, car, la température à l’intérieur était inégale, les objets n’étaient pas cuits de la même façon sur toute leur surface et les couleurs n’étaient pas uniformes. »

Gain de temps, d’énergie, de personnel…, les potiers ont aussi gagné beaucoup d’argent. Alors qu’un four traditionnel lui coûtait 1240 dirhams (presque 10 000 DA), le four à gaz ne lui en coûte que 400 et lui permet de cuire 500 pièces contre 300 auparavant. « A la caisse, le gain financier est de l’ordre de 200%, parce que les touristes le font aussi travailler pour l’exportation », souligne Ahmed Chehbouni en montrant les cartons entassés un peu partout en attendant un départ pour l’étranger. « Au CDRT, on estime que cette opération contribue à protéger l’environnement et à sauvegarder la santé des deux cents familles qui y vivent. La construction des fours a permis aussi au fabricant de monter sa propre entreprise, si bien que des fours similaires ont d’ailleurs été installés dans d’autres régions du pays. »



Par Mélanie Matarese

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Avis des lecteurs...

Le 18.12.2008 à 15h42
Des fours écolos chez les potiers

il ne manque que la volonté chez nous , pour faire pareil et faire en sorte de sauver notre pays ,non seuleument de la pollution, mais en matiere energetique propre on peut creer des emplois , comme la formation a l’installation et a la maintenance des panneaux solaires et photovoltaique , recyclage divers , espace vert, etc etc... l’algerie a tout a gagner , c’est notre pays a tous et on se doit de le proteger , c’est vitale et urgent . tous debout .

répondre


Le 17.12.2008 à 22h10
Des fours écolos chez les potiers

QUELLE L’IMPACT SUR LE CLIMAT SI LE MAROC DECIDE EFIN BRULE TOUTES SES CULTURES ... DE HACHICH ET DIVERS DROGUES ?

répondre


Le 17.12.2008 à 16h24
Des fours écolos chez les potiers

Une bonne nouvelle.... Depuis longtemps. Ca prouve que les maghrébins sont parfaitement capables de bien gérer leurs affaires par eux mêmes, en innovant. Tout est donc possible ! Il suffit d’y croire.

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