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La plus grande acquisition d’armes

Des Patriot américains en Turquie

Le Pentagone a récemment informé le Congrès américain qu’il souhaite vendre des batteries antimissile sol-air Patriot (PAC-3) et des équipements associés à l’armée turque, qui depuis longtemps veut se doter d’un tel système.



Ce projet, d’un montant de 7,8 milliards de dollars (5,3 Mds d’euros), qui, s’il devait se concrétiser, serait la plus grande acquisition d’armes jamais effectuée par la Turquie. Le projet a été notifié pour approbation au Congrès américain par l’Agence de sécurité et de coopération de la Défense (DSCA). Les Etats-Unis sont le principal fournisseur d’armes de la Turquie. Quatre firmes, deux américaines (dont Raytheon qui produit les Patriot), une russe et une chinoise, sont en compétition depuis avril dans un appel d’offres du gouvernement turc, qui a décidé en 2006 d’acquérir une défense antimissile, a expliqué le ministère turc de la Défense. On ignore quand Ankara tranchera sur l’affaire, tandis que les questions fusent sur la pertinence de cet achat. L’intérêt d’installer des missiles américains en Turquie, pays frontalier de l’Iran, en pleine crise sur la question du nucléaire iranien, semble évident pour les Etats-Unis, mais il l’est moins pour la Turquie, notent les analystes. La Turquie « utilisera ces missiles PAC-3 pour améliorer ses capacités de défense antimissile, renforcer sa défense nationale et dissuader les menaces régionales », selon la DSCA. Or, la Turquie, membre de l’Otan, est-elle menacée par un Etat voisin ?

« Acheter des missiles ne veut pas dire qu’on attend une menace », s’est défendu le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, qui mène une politique active dite de « zéro problème » avec tous les voisins de la Turquie. L’Iran n’a pas, jusqu’à présent, réagi publiquement à ce projet de vente américaine à la Turquie. Sedat Laçiner, directeur de l’Institut pour les recherches stratégiques (USAK), voit dans cette possible transaction la volonté de l’Administration américaine d’« empêcher le rapprochement d’Ankara avec la Russie et l’Iran ».  L’acquisition de ces armes devrait par ailleurs fortement creuser la dette extérieure de la Turquie, qui s’élève à 150 Mds de dollars (102 Mds d’euros), dans un contexte de récession économique due à la crise mondiale. Sauf si le paiement de ces armes est échelonné sur plusieurs années, voire aidé par le Pentagone.



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