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Dakar 2007

Les menaces du GSPC

La DGSE, services secrets français, ont prévenu le gouvernement français des menaces du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) sur le Dakar 2007 (l’ex-Paris-Dakar), suggérant une modification du tracé en Mauritanie et au Mali.



Selon le quotidien Le Monde, les services français ont prévenu, de ces menaces, le gouvernement, début novembre, par une note écrite et mis en avant la « nécessité de corriger le tracé du raid ». Interrogés par l’AFP, les services secrets français ont confirmé qu’ils avaient suggéré la suppression de l’étape aller-retour entre Nema (Mauritanie) et Tombouctou (Mali) dans la zone sahélienne où le GSPC circulerait. Pour rappel, ce n’est pas la première fois que le rallye est confronté à de telles menaces. En 2004, deux étapes avaient été annulées en raison de la présence de bandes armées sur le parcours : l’une entre Nema et Mopti (Mali), l’autre entre Mopti et Bobo-Dioulassou (Burkina Faso). En 2000, un pont aérien avait été organisé entre Niamey (Niger) et Sabhah (Libye) pour éviter la traversée du Niger. Hier, la chargée de la communication d’ASO, a envoyé à El Watan un communiqué qui précise que « les organisateurs du rallye n’ont reçu aucune information » évoquant des menaces. « Comme tous les ans, les relations sont permanentes avec le Quai d’Orsay et une attention toute particulière est portée au contexte international qui pourrait concerner le rallye. Après s’être à nouveau entretenus avec le ministère des Affaires étrangères, les ambassades de France concernées et les autorités des pays à traverser, les organisateurs poursuivent la préparation du rallye dont les grandes lignes seront dévoilées jeudi prochain ». Hier, le ministère français des Affaires étrangères a reconnu que « le contexte de sécurité est un peu compliqué dans certains des pays que le rallye envisage de traverser (...) Les conditions de sécurité sont un peu incertaines par endroits ».

La colère du Polisario

Par ailleurs, le représentant du Front Polisario à Paris, Sadafa Bahia, a formellement assuré que son organisation n’a en aucun cas autorisé le passage du Dakar 2007 à travers les territoires du Sahara occidental, ni même avoir eu des contacts avec les organisateurs de cette compétition, a indiqué un communiqué publié, jeudi dernier, par la représentation sahraouie en France et repris par l’agence Sahara Press Services (SPS). Les organisateurs de cette compétition sportive, ajoute le communiqué, ont été « trompés par les autorités marocaines », puisque toutes « les expéditions organisées en concertation avec les autorités marocaines sont illégales et visent uniquement à légitimer l’occupation illégale marocaine du Sahara occidental, internationalement reconnu comme territoire non autonome qui attend toujours d’être décoloniser ». Le Front Polisario s’est adressé aux organisateurs du Dakar 2007, affirmant que « pour éviter de telles mésaventures » et violations des droits du peuple sahraoui sur ses territoires, les organisateurs de cette compétition doivent toujours s’adresser aux autorités sahraouies pour avoir une autorisation de passage.

Le rôle de Washington

La chargée de la communication d’ASO, contactée par téléphone, a refusé de commenter l’information. Le Dakar 2007 partira le 6 janvier de la capitale portugaise Lisbonne et arrivera le 21 janvier à Dakar et devrait originellement traverser six pays (Portugal, Espagne, Maroc, Mauritanie, Mali et Sénégal). Coïncidant avec la visite du ministre de l’Intérieur français, Nicolas Sarkozy, à Alger, les informations sur la « menace » du GSPC dans les régions du Sud ont été appuyées par une enquête publiée par Le Monde le 13 novembre. Coïncidence, d’autant plus significative, que le même journal indique que Sarkozy a abordé avec son homologue algérien Zerhouni, puis Abdelaziz Belkhadem, la question du GSPC. L’enquête du Monde, citant les services de renseignements français, révèle que « la situation dans le Nord du Mali est potentiellement explosive. Deux katibats - ou brigades du GSPC - y sont présentes et cherchent à fédérer les combattants des pays avoisinants. Leur noyau serait constitué, au total, d’une quarantaine de personnes ». Selon Le Monde, ces katibats auraient mené depuis un an des attaques et organisé des stages de formation militaire pour des volontaires étrangers, dont une cinquantaine de Mauritaniens. Présent dans la région subsaharienne dans le cadre de l’initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme (TSCTI, de son acronyme anglais, dans la deuxième phase, qui s’étend de 2007 à 2011, Washington va consacrer annuellement 100 millions de dollars à l’initiative). Les Américains semblent empiéter sur une zone d’influence de Paris.



Par Adlène Meddi

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