Les confrontations entre le Hamas et le Fatah font 26 morts
Les Palestiniens, sous occupation israélienne, s’entretuent. Les heurts armés, éclatés jeudi 25 janvier à Ghaza entre Hamas et Fatah, se poursuivent toujours avec un nouveau lot de victimes.
Hier encore, le bilan s’est alourdi de deux nouvelles victimes —un adolescent âgé d’à peine 11 ans et un militant du mouvement Hamas— tuées dans un accrochage entre les « milices » des deux partis en conflit. Le jeune Palestinien a été tué dans le domicile de son père, membre du Fatah, lors d’échanges de tirs entre ce dernier et des membres du Hamas, rapportent des agences de presse. Un autre membre du Hamas a été grièvement blessé dans l’explosion d’une mine près du quartier général des services de renseignements palestiniens, dans le nord de la bande de Ghaza. Cela porte le nombre de morts, depuis l’éclatement des violences, à 26 personnes et celui des blessés à 60, toutes appartiennent aux deux mouvements rivaux. Les bureaux du ministère de l’Education palestinien de Naplouse n’ont pas échappé à ce vent de violence. Ils ont été incendiés par des partisans du mouvement Fatah. Les nombreux appels au calme ne semblent pas être entendus, même lorsque ceux-ci viennent du Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh. Les observateurs de la scène palestinienne considèrent ces violences comme « les plus graves » depuis l’arrivée du Hamas au pouvoir, il y a un an. L’aggravation de la situation a conduit à l’interruption du dialogue entre les deux mouvements sur la formation d’un gouvernement d’union nationale. Négociations entamées le 23 janvier courant. Ismaïl Haniyeh a appelé les Palestiniens à la sagesse et à « protéger l’unité nationale ». « Nous réitérons encore et encore notre appel au peuple palestinien : vous devez protéger l’unité nationale, faire prévaloir le dialogue, le langage de la raison, retirer les armes des rues et mettre fin aux tensions », a-t-il déclaré, hier, lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet et repris par les agences de presse. Les appels au calme se multiplient à travers le monde aussi. Le pape Benoît XVI a invité, hier, les deux parties palestiniennes en conflit à régler leurs divergences autour d’une table de négociations et à l’arrêt des violences et des heurts fratricides qui, précise-t-il, sont « inacceptables ». Cet appel s’ajoute à celui lancé dans la même journée par le roi de l’Arabie Saoudite, Abdallah Ben Abdelaziz. Ce dernier a, de son côté, exhorté les Palestiniens, représentés par leurs dirigeants, à se réunir d’urgence en Arabie Saoudite pour discuter de leurs divergences, « sans aucune ingérence extérieure ». Dans le même sillage, il invitera les partisans du Hamas et du Fatah à la retenue et à faire preuve de sagesse et de maturité. Le responsable du bureau politique du mouvement palestinien Hamas, Khaled Mechaâl, a accueilli favorablement l’initiative du roi d’Arabie Saoudite, Abdallah Ben Abdelaziz. Il estime qu’une telle rencontre permettrait de régler tous les problèmes et de parvenir à un accord national sur la formation d’un « gouvernement d’union nationale ». Le Fatah s’est déclaré, pour sa part, « entièrement prêt » à accepter l’invitation saoudienne, comme l’a affirmé, hier, Ahmed Abdel Rahman, un conseiller du président Abbas, dans une déclaration reprise par l’AFP. Mais au moment où l’on essaie par-ci, par-là de trouver une sortie de crise, les violences font rage sur le terrain.
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