Plus de 160 000 ha détournés de leur vocation agricole est le chiffre avancé par le ministre de l’Agriculture qui, par le biais de la prochaine loi sur le foncier, compte récupérer une partie de ces terres, dont la plupart ont été utilisées, faut-il le rappeler, à d’autres fins dans le but de bénéficier de l’aide du PNDA. Soit. Mais qu’en est-il du foncier grugé des superficies arables et sur lesquelles ont été érigées des constructions d’habitation en porte-à-faux avec l’environnement ? Avec les règles censées régir la construction à usage d’habitation ? Le constat est on ne plus amer dans toutes les villes du pays, particulièrement dans la wilaya d’Alger où on a préféré fermer l’œil pendant plus d’une vingtaine d’années sur les lotissements, dont certains ont vu le jour sans qu’ils soient publiés à la conservation foncière. Les cas sont légion, à l’image de la commune de Draria, dont nombre de particuliers attendent toujours d’être régularisés par l’administration communale, car ne disposant même pas d’acte de propriété. Ce qui ne laisse pas moins supposer que les lopins de terre n’avaient pas, initialement, le statut de terre urbanisable. Même la direction de l’urbanisme et de la construction semblait faire dans le laxisme, laissant les propriétaires de terrain faire entorse à la réglementation en matière de plan d’urbanisation. N’est-ce pas qu’une fois le permis de construire en poche, le détenteur du lopin de terre élevait sa villa comme bon lui semble ? Et le R+1 initial se transforme en R+4, voire plus. Et advienne que pourra. Par ailleurs, du côté des Quatre Vents, sur l’autoroute menant à Zéralda, pratiquement pas de corridors entre Chéraga, Dély Ibrahim et autres bourgs juchés sur le cordon du Sahel. Telles des concrétions, les bâtisses de particuliers - non la villa qui a perdu de sa signification - constituent une plaie dans le paysage verdoyant qui faisait office, dans le bon vieux temps, de lieu de pacage. Il en est de même au Hamiz et dans d’autres sites « boursouflés » où l’on prend un malin plaisir à faire le pied de nez à la loi en la matière. L’on s’interroge dès lors si ce type de construction qui enlaidit à perte de vue le site naturel est conforme aux règles de la construction. Aux règles de ce qu’on appelle le plan d’aménagement du territoire.
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