Chronique
Cette affaire peut apparaître comme un détail pour tous ceux qui ont consciemment choisi de préférer un kilo de viande à un gramme d’esprit. Mais c’est pourtant essentiel dans la construction civilisationnelle. Hier, 4 jeunes Algérois ont été relaxés ou condamnés à de la prison avec sursis au tribunal de Hussein Dey pour avoir été attrapés en train de fumer des cigarettes pendant le Ramadhan dernier. Ils ont quand même passé deux mois de prison préventive par la faute d’un procureur zélé. Mais bref, l’histoire n’est pas là puisque aujourd’hui, l’espace de débat économique et politique étant fermé, il s’agit de revendiquer des libertés et pour tout le monde. La liberté de dire non, celle de se promener en short ou en qamis...
La liberté, ce gros mot que personne n’ose plus utiliser aujourd’hui, ce terme qui est encore et toujours absent des discours présidentiels. Il ne faut pas se tromper, les 4 Algérois qui ont fait deux mois de prison n’ont pas été incarcérés dans le cadre de la lutte contre le tabagisme mais bien pour « atteinte aux valeurs islamiques », telle qu’inscrite dans le code pénal institué par le même Ouyahia, Premier ministre, alors ministre de la Justice. Doit-on rappeler au procureur, au Premier ministre et au Président les 5 piliers de l’Islam et leur hiérarchie, avec en tête la chahada, puis la salat puis bien après le Ramadhan ? Si la justice se réclamait de l’Islam, elle devrait logiquement mettre en prison tous ceux qui ne récitent pas la chahada puis tous ceux qui ne font pas la prière. Ce n’est pas le cas, pour l’instant, mais pourquoi chercher de la cohérence là où il n’a jamais été question d’y en avoir ? La société, ce troupeau de moutons carnivores gouverné par un berger malade, n’a d’avenir qu’à l’abattoir. De la laine ? Même pas, puisque l’Algérie importe aussi la laine.
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