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Tizi Ouzou

Colloque sur la chanson patriotique

Un colloque en hommage à Farid Ali (1919-1981), auteur de « l’hymne » Ayema âzizen our tsrou, s’est tenu à la maison de la culture Mouloud Mammeri du 17 au 19 février.



Il y a des voix qui portent plus loin que les armes sophistiquées ». La rhétorique est du moudjahid Ali Zamoum. Farid Ali, le maquisard de la chanson engagée était parmi les « baroudeurs » musicaux de la première heure. Il faisait partie de la prestigieuse troupe artistique du FLN, dirigée à l’époque par Mustapha Kateb. En hommage à l’auteur de l’éternelle chanson Ayema âzizen our tsrou (ô ! mère chérie ne pleure pas !), un colloque sur la chanson révolutionnaire s’est tenu à la maison de la culture Mouloud Mammeri du 17 au 19 février. Organisée par le comité des activités culturelles et artistiques de la wilaya de Tizi Ouzou, cette rencontre a été marquée par plusieurs activités. Outre une exposition de photos et de documents illustrant le parcours et le militantisme sincères des anciens chanteurs algériens, les organisateurs ont prévu, durant ces journées, trois conférences. Les thèmes ont porté sur la chanson révolutionnaire à l’époque coloniale, la poésie et les chants féminins de la guerre de libération. Lundi, une table ronde a été animée par Abdelkader Bendamèche, journaliste auteur, Kamal Hamadi, artiste, Mustapha Sahnoun, compositeur de la chanson qui a « starifié » Farid Ali (Ayema âzizen...) et Abdelaziz Boudia, ancien membre de la troupe artistique du FLN. Ces derniers ont témoigné de l’œuvre et l’engagement patriotique indéfectible de l’artiste disparu, de son vrai nom Khelifi Ali. « Il était chanteur et grand militant de la cause nationale. Il avait une voix de rossignol, très classique qui rappelle celle de Allaoua Zerrouki. Son répertoire et son militantisme doivent être connus de tous », dira M. Sahnoun. Pour Kamal Hamadi, auteur compositeur, Farid Ali, qu’il avait connu en France en 1953, était un artiste parfait sur tous les plans. Il regrette que beaucoup de ses chansons n’ont pas été enregistrées et d’autres indisponibles à la radio algérienne. Pour Abdelkader Bendamèche, « la chanson de Farid Ali (Ayema) avait défrayé la chronique ». « Ce chanteur, ajoutera t-il, ne cherchait pas à faire du commerce à travers son art ». Pour perpétuer sa mémoire et faire connaître son œuvre, il a suggéré au public présent de penser à la création d’une association culturelle. La table ronde sera suivie par une vente-dédicace du livre La troupe artistique du FLN 1958-1962 de Abdelkader Bendamèche. Dans une autre communication, Abdenour Abdeslam, chercheur en tamazight, s’est intéressé au cheminement de la poésie et de la chanson contestataires et révolutionnaires kabyles. Pour la clôture, les organisateurs ont prévu un gala artistique avec la participation d’amis artistes de Farid Ali.



Par Ahcène Tahraoui

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