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Café littéraire de la Bibliothèque nationale

Un pont entre l’Algérie et l’Italie

Dans son dernier café littéraire, qui s’est tenu hier, la Bibliothèque nationale du Hamma a invité l’écrivain, poète et historien italien Emanuele Bettini.



Secrétaire général du Pen Club italien et fondateur et éditeur de la revue Si scrive, publiée par la province de Cremona (90 km de Milan), il vient d’éditer un numéro spécial de sa revue sur la littérature contemporaine et la poésie algériennes : un recueil de poésies et de textes d’auteurs algériens d’expression francophone, traduits en italien, sous le titre de Algeria. Il s’agit en fait d’une anthologie de textes qui fait suite à la rencontre de poètes européens et algériens, l’année dernière, à Adrar. Financé par le gouvernement de Cremona et préfacé par l’ambassadeur d’Algérie en Italie, ce recueil contient les textes de quatre romanciers et seize poètes. Parmi ces derniers, le directeur de la Bibliothèque nationale, Amine Zaoui, a cité Bachir Hadj Ali et Abderrahmane Djelfaoui. Emanuele Bettini, également journaliste et spécialiste du terrorisme italien, s’est exprimé avec beaucoup de simplicité et de modestie. Il a d’ailleurs commencé par s’excuser de ne pas s’exprimer en langue arabe. Pour lui, il n’y a pas une Europe et une Afrique, mais une Méditerranée, « un continent de peuples qui veulent la paix ». Et avant d’évoquer son parcours et de présenter ses écrits, il a tenu à préciser qu’il ne comptait pas parler de politique, ni de terrorisme, ni de religion, mais simplement de culture. Cet homme de culture a représenté l’Italie au Festival international à Athènes, en 2001, pour la Journée mondiale de la poésie, organisée par l’UNESCO. Parmi ses nombreuses œuvres traduites en plusieurs langues : Le retour à Babel et Anthologie de la poésie méditerranéenne. Et pour mettre l’assistance dans l’ambiance de sa poésie, il en a sélectionné quelque-unes qu’il a lues en italien et qui étaient reprises en français par Mme Adjali, responsable de la galerie Arts en liberté. Ensuite, ce sont quelques vers d’Algeria qui ont été lus dans les deux langues, notamment une poésie de Bachir Hadj Ali. L’intérêt de ce numéro spécial de Si Scrive est, d’une part, de faire connaître les auteurs algériens en Italie et, d’autre part, de bâtir un pont entre les deux pays, dans un cadre purement culturel. D’ailleurs, le directeur de la Bibliothèque nationale a précisé, dans ce sens, que dès l’automne prochain, il est prévu de répéter cette expérience avec des auteurs d’expression arabophone et, plus tard, d’expression amazighe.



Par Zineb Merzouk

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