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Bouira

Coup dur pour les apiculteurs

Suite aux facteurs climatiques défavorisants, la production de miel à Bouira a enregistré, cette année, un déficit fort important.



Il y a eu d’abord cet hiver exceptionnel où la couche de neige a atteint par endroits 1 m et où la température est descendue à moins de 20°. Sur les 170 ruches que possédait Aïssa, un apiculteur à Souk El Khemis, à 45 km de Bouira, seules 20 ruches ont pu être sauvées du désastre. Aïssa cite d’autres cas comme lui à Sour El Khemis et à El Mokrani, dans la même daïra, où une dizaine de ruches ont échappé à la ruine ayant frappé des exploitations apicoles de 50 à 100 ruches. L’autre facteur défavorisant a été aussi ce printemps particulièrement pauvre en fleurs et par conséquent, peu propice au butinage. Enfin, véritable fléau, cet insecte appelé « varoise » qui sème la mort et la désolation parmi les essaims d’abeilles dont il dévore les ailes. Il existe bien un produit, le Lapiston, pour lutter contre ce parasite. Mais le produit, qui coûte 1500 DA la boîte, ne permet pas de traiter plus de 5 ruches. Ce qui est un peu hors de portée de la bourse de nombre d’éleveurs. « Il existe bien un produit sous forme de pâte mis au point par le vétérinaire de la circonscription agricole de Souk El Khemis mais il n’est ni homologué ni commercialisé. Et c’est dommage, car il s’avère plus efficace que le Lapiston », fait remarquer Aïssa. Chez lui, le découragement commence déjà à poindre. « Avant l’achat des ruches (6000 DA dont l’Etat paye les 5/6), nous avons assuré ce bien en versant 3 millions à la caisse (CRMA). Mais lorsque après ce sinistre nous avons voulu obtenir des indemnités auprès de la CRMA et de la BADR, il nous a été répondu que les ruches étaient trop près des maisons pour espérer une quelconque indemnisation. » A la question de savoir s’il compte remplacer les ruches perdues, Aïssa hausse les épaules avant de dire : « Les 20 ruches qui me restent me suffisent. Bien entretenues, elles assurent une bonne productivité. » Cette année, la ruche a donné 50 kg de miel. A 2500 DA le pot, c’est déjà une petite fortune. Aïssa n’est pas trop affecté par tant de pertes. En homme très confiant, il regarde déjà vers l’avenir.



Par Ali D.

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