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Bobines et verres de thé à la menthe

Festival du cinéma arabe à Oran

Bobines et verres de thé à la menthe

Oran, quartier général du Festival du film arabe, à l’hôtel Sheraton, le lobby est sens dessus dessous de l’aube au couchant. Intense brouhaha, embrassades et tapes sur le dos.



Le festival s’amuse. Mais à l’accueil, les jeunes filles sont tenaces. Elles tiennent à rappeler chaque fois que les bus sont prêts pour les prochaines séances au Colisée, à la Cinémathèque, au TRO. Par ici la sortie. On prend à gauche au milieu du fleuve automobile et c’est reparti. Les clameurs et les rires du Sheraton peuvent reprendre tard le soir, parfois jusqu’au petit matin. Palpitantes images arabes, visuelles et sonores, tristes et parfois réjouies. Quand la fatigue gagne, virée vers le prochain comptoir pour un énième verre de thé à la menthe. Rituel pareil à une ablution. Oran ou le face-à-face arabo-arabe cinéphile. Dès le départ, cette fête est placée sous le double signe de cinéastes arabes mythiques : Youcef Chahine et Mustapha Al Akkad. Du Caire le « nakid » et scénariste Rafik Al Sabban, sourire nonchalant aux lèvres, est venu pour parler de leurs films. Assailli de questions quand on le croise sur les bords du Nil, sur la Croisette ou au bar du Sheraton d’Oran, Rafik a toujours plein d’anecdotes cinéphiles à raconter, suivies de son rire intarissable.

Parmi les films en provenance de tout le monde arabe, il faut distinguer ceux des pays voisins ; bonne manière d’éclipser le prochain festival de Carthage… Cœurs brisés d’Ahmed Al Maanouni (Maroc), En attendant Pasolini de Daoud Oulad Syad (Maroc), Chant Funèbre de Mohamed Moufakir (Maroc), Le Poisson rouge de Malik Amara (Tunisie), La Télé arrive de Moncef Dhouib (Tunisie), sans compter les documentaires et courts métrages. Impossible n’est pas oranais. Grâce peut-être à ce festival, le cinéma algérien va bouger. Comme le cinéma marocain s’est démultiplié (25 films par an !) grâce à toutes les manifestations du Royaume consacrées au cinéma. Il fallait ce festival de tous les possibles, qui compte désormais dans le circuit des festivals internationaux. Il faudrait même du glamour et des mondanités au prochain rendez-vous oranais, comme à Marrakech. Au Sheraton d’Oran, c’est déjà bien parti. Quelques fêtes (glamoureuses), c’est bon pour le moral des participants.



Par Azzedine Mabrouki

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