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Bab El Oued revit la nuit

Malgré le manque de commodités et d’animation

Bab El Oued revit la nuit

En cette période de canicule, les habitants de Bab El Oued, de La Casbah et d’Alger-Centre se retrouvent dans l’espace d’El Kettani pour s’adonner à des soirées très longues parfois pour oublier les problèmes du quotidien.



Sur l’esplanade El Ketani, d’autres groupes de personnes s’adossent aux balustrades en papotant avec les voisines, les enfants jouant au ballon sur l’espace non occupé. Il faut dire que Bab El Oued manque d’espaces de détente. Les seuls encore ouverts sont des jardins mal éclairés qui des personnes d’un certain âge. « Surtout les joueurs de dominos invétérés qui ne trouvent pas où aller. Ils préfèrent se regrouper là pendant une partie de la nuit », assure Malik qui habite à rue Bouzrina de La Basse Casbah et qui préfère, le soir, partir rejoindre ses copains du boulevard Mira.

Mais pour s’installer où ? « Des endroits restent interdits aux jeunes en raison de la saleté et des travaux qui n’en finissent plus », regrette-t-il en montrant le chantier du jardin Taleb-Abderrahmane dont la partie inférieure est occupée par des joueurs de dominos. Le boulevard Mira a été pris en charge dans le cadre de l’opération-pilote d’enlèvement des paraboles des façades des immeubles. L’opération a provoqué des grincements de dents mais elle a pu être néanmoins menée à son terme, du moins sur les quelques immeubles qui bordent le grand boulevard de Bab El Oued. A part les quelques travaux de badigeonnage entrepris à la hâte sur les axes « principaux », à l’intérieur des quartiers, c’est toute une autre physionomie qui s’offre aux habitants et aux visiteurs : rues dégradées et réseaux d’assainissement éclatés partout, des immeubles avachis et qui n’ont jamais connu de travaux de réhabilitation. Il ne se passe pas de un jour sans voir des habitations qui menacent ruine et des planchers d’immeubles sur le point de s’effondrer. Bab El Oued se meurt mais ce quartier populeux et populaire revit la nuit, la misère n’est pas visible, cachée par l’obscurité.

Certains commerces - surtout des gargotes - et quelques grill-rooms du centre-ville restent ouverts jusqu’à une heure tardive de la nuit. Le jeudi, le nombre de ceux qui les fréquentent devient important. Chacun rejoignant son endroit préféré, qui pour aller déguster un en-cas, qui pour piquer une tête dans l’eau d’El Ketani et de R’mila. Les familles s’installent sur les quelques bancs badigeonnés de graisse par les riverains du boulevard Mira. Quelques-uns proposent des cacahuètes ou du thé maison. Un agent de police est en faction pour surveiller l’endroit où se mélangent les cris des enfants et le brouhaha de la rue voisine. Passé les festivités du Panaf’ qui avaient occupé l’espace pendant quelques jours, rien n’est apparent dans cette partie basse de Bab El Oued. Toute la scène a été déboulonnée et les nombreux citoyens qui descendent du vieux quartier retrouvent la moiteur de leur maison mais surtout l’angoisse des jours sans animation. Sur l’autre esplanade, celle du millénaire où des manèges ont été installés et gérés par un particulier, l’ambiance est fébrile.



Par Nadir Iddir

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