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Art pictural

Hommage à Ismaïl Samsom

En hommage à Ismaïl Samsom, une exposition collective de peinture se tient depuis mardi dernier et ce jusqu’au 18 à la galerie Mohamed Temmam (Alger).



Initiée par l’Etablissement Arts et Culture, cette manifestation enregistre la participation de 52 artistes peintres avec une centaine de tableaux. Les cimaises reflètent plusieurs courants artistiques, entre autres le réalisme, l’abstrait et le figuratif. Les couleurs chatoyantes s’entremêlent avec les couleurs froides dans ce jeu chromatique de l’harmonie des contrastes. L’artiste peintre Leïla Ameddah présente trois tableaux intitulés Nature morte, Explosion de la mémoire et Le Penseur. Nature morte met en lumière des ustensiles domestiques fabriqués en argile et usités dans les Aurès. Une manière de ressusciter ne serait-ce qu’une partie du patrimoine. Un patrimoine en voie de disparition. « Les ustensiles reproduits sont en voie de disparition dans les Aurès. J’ai fait alors un travail de mémoire », explique l’artiste rencontré sur les lieux. Les deux tableaux Explosion de la mémoire et Le Penseur traduisent le penchant relatif de l’artiste pour l’abstrait. Le point commun de ces deux œuvres est l’utilisation de la couleur jaune. « Le jaune reflète la couleur de la jalousie. L’avantage pour moi quand il s’agit de peindre dans l’abstrait réside dans cette liberté de manipuler les couleurs. Ainsi, exprime-t-on ce que l’on ressent. L’abstrait pour moi est une cure », relève la même voix. De son côté, Naïma Lounès présente à cette occasion Masque africain et Paysage aquatique. Dans les deux œuvres, il est relevé l’utilisation conséquente de formes géométriques et de plusieurs couleurs. En plus, ce sont des couleurs chaudes pour la plupart. Des séquences sont laissées inachevées. Ainsi, l’artiste qualifie ces œuvres de « semi-figuratifs ». « Il y a des choses que je n’ai pas terminées dans ces deux tableaux. Je les ai laissées en état d’ébauche. Les œuvres de toute façon ne sont jamais achevées », explique-t-elle. Les couleurs chaudes expriment « l’optimisme et la gaieté. J’ai opté pour le semi-figuratif dans ces deux tableaux, car j’aime rester dans la réalité. Pour les formes géométriques, leur utilisation a trait à ma personnalité. Elles reflètent un tempérament direct et un langage clair, une attitude qui ne comporte pas d’ambiguïté ». A son tour, Charef Larifi marque sa participation avec trois tableaux. Il s’agit de Conception... à la ligne, Mariage dans un rêve et Pellicule en couleur. Le premier tableau retrace l’intérieur d’un bain-maure. Plusieurs couleurs chaudes y sont utilisées. « Les couleurs ont trait à nos reliefs et climat. J’évite l’abstrait vu que mon souci est d’exprimer mes idées, ma culture et mon identité. Pour ce faire, il faut être clair », indique l’artiste peintre. Dans Mariage dans un rêve, sont utilisées les couleurs sombres, signe de « tristesse » entourées de bleu, exprimant l’espoir. Pellicule en couleur marque l’ombre de deux personnes scrutant une ouverture traduite en blanc à côté d’une tâche noire reflétant un avenir incertain. L’idée de ces deux œuvres est « arrachée à la douleur, un souvenir de ce que j’ai vécu », explique le même interlocuteur. Notons que l’artiste peintre Ismaïl Samson, auquel est rendu un hommage à travers cette exposition, est né le 8 novembre 1934 à La Casbah d’Alger. Durant sa scolarité, il est toujours premier en dessin. Il tente une expérience d’instituteur, mais finit vite par abandonner cette fonction pour partir en Tunisie, en Europe, aux Antilles et en Amérique du Sud. Il revient à Alger pour repartir en France en 1953. Au déclenchement de la lutte de Libération nationale, il se trouve à Paris avec son ami Mohamed Boudia. Sous la responsabilité de ce dernier, il s’engagea au FLN. Il est blessé en 1957, d’où son invalidité, à savoir la paralysie des membres inférieurs. Sa première toile est exécutée en France. En 1960, il rentre à Alger et s’installe à Belcourt. Il tient sa première exposition individuelle à la galerie de l’UNAP en 1966. En 1967, il décroche le grand prix de la ville d’Alger. De 1967 à 1987, il se consacre à l’élaboration de maquettes, d’affiches, de timbres postaux et de fresques. Il a rendu l’âme le 5 juillet 1988 à Alger.



Par Amnay Idir

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