Les droits de l’homme au Sahara-Occidental
L’acharnement judiciaire marocain contre les manifestants sahraouis d’El Ayoun, capitale du Sahara-Occidental, se poursuit.
Avant-hier encore, trois Sahraouis, poursuivis pour avoir participé à de violentes manifestations à El Ayoun, ont été condamnés à des peines allant de 15 à 20 ans de prison ferme, a appris l’AFP de source judiciaire marocaine. Jugés coupables de « constitution d’une bande criminelle en vue de commettre des actes criminels, sabotage d’un bien d’utilité publique, violence contre des fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions avec préméditation et usage d’arme et participation à un attroupement armé », deux prévenus ont été condamnés par la chambre criminelle d’El Ayoun, selon la même source, à 15 ans de prison chacun et le troisième à 20 ans de prison ferme. Selon le quotidien espagnol El Mundo, qui a qualifié hier ce procès d’« arbitraire », « les sentences ont été prononcées après à peine 2 heures de délibérations et une audience de 4 heures, durant laquelle aucun témoin n’a été entendu ni aucune preuve produite, excepté les dépositions, invraisemblables, que les accusés ont dû signer par la force après avoir été torturés et maltraités par la police (marocaine) comme ils l’ont eux-mêmes dénoncé ». Le 23 juin dernier, lors d’un premier procès, six Sahraouis, accusés d’avoir participé aux manifestations, avaient été condamnés dans cette ville à des peines allant de cinq ans de prison ferme à un an avec sursis. La même chambre criminelle d’El Ayoun devra ouvrir, le 5 juillet prochain, un procès de seize autres accusés arrêtés dans le cadre des manifestations du 24 mai à El Ayoun. Pendant ce temps, l’activiste des droits humains sahraouis, Aminetou Haider, incarcérée à la prison la Carcel Negra (prison noire) d’El Ayoun, depuis une quinzaine de jours, a présenté, de sa cellule, un témoignage poignant sur les persécutions dont elle souffre. Elle relate son calvaire depuis son enlèvement à l’hôpital d’El Ayoun où elle se soignait de blessures infligées quelques heures plus tôt par les forces marocaines en passant par les séances de tortures physiques et morales dans les différents commissariats de police, jusqu’à son incarcération dans la prison en attente d’un procès inique que lui préparent ses geôliers. Pour sa par, depuis Madrid, Auicha Chafia, épouse de l’activiste sahraoui des droits humains Ali Salem Tamek, a livré hier au quotidien madrilène El Mundo, un témoignage édifiant sur les méthodes et les procédés des services spéciaux marocains qui ne reculent pas devant le viol collectif de leur victime et le chantage pour arriver à leurs fins.
Violée par cinq policiers
Elle affirme avoir été violée par cinq policiers marocains en juin 2003 à la période où son époux était sous les verrous. « Ils m’ont fait ce que personne ne peut faire à un autre être humain. Devant ma fille, ils ont commencé à me violer », a-t-elle témoigné à ce journal. Ce témoignage met à nu les pratiques tortionnaires et répressives des forces d’occupation marocaines qui ont assiégé, depuis le 21 mai dernier, les principales villes des territoires occupés du Sahara-Occidental. Après une formidable solidarité avec le peuple sahraoui, victime d’une répression aveugle, exprimée par plusieurs Etats, ONG et hommes politiques européens et africains, le Sénat espagnol a adopté, mardi dernier à l’unanimité, une motion dans laquelle il demande au gouvernement d’œuvrer à une solution juste et définitive au conflit du Sahara-Occidental respectant le principe d’autodétermination du peuple sahraoui à travers l’organisation, dans les plus brefs délais, d’un référendum dans le territoire.
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