L’Etat algérien est débordé par l’islamisme armé. A force de vouloir rechercher, coûte que coûte, un compromis politique avec les islamistes pour les « faire rentrer dans les rangs », la lutte antiterroriste en a pris un coup, patine et n’a plus l’efficacité constatée du temps du président Zeroual. A l’époque, les maquis étaient pourtant bondés d’éléments armés (entre 35 000 à 50 000, selon les estimations les plus crédibles). Aujourd’hui, ils ne seraient plus que 300 à 500 terroristes. Le mode opératoire a bien changé, entre-temps, avec l’apparition du label d’Al Qaîda qui lui assure une dimension internationale. La tournure prise par les événements en ce mois d’août interpelle tout un chacun. Certes, les groupes armés n’ont plus la capacité de renverser le pouvoir par la force pour instaurer la République islamique pour laquelle ils se battent et tuent des citoyens, mais ils empoisonnent la vie des Algériens, brouillent considérablement l’image de l’Algérie à l’étranger et affaiblissent la capacité de l’Etat dans les négociations internationales. Doit-on rester, pour autant, les bras croisés, incrédules face à un tel déchaînement de violence ? Les autorités voient juste quand elles affirment que le combat contre le terrorisme doit être l’affaire de tous. Sans une mobilisation réelle et un élan patriotique, indépendamment de chapelles politiques et idéologiques, le terrorisme islamiste ne sera pas vaincu. Il doit être, en effet, isolé et combattu. Mais si c’est effectivement l’affaire de tous, ce combat doit être en priorité le souci principal de l’Etat. Les Algériens n’ont pas l’impression que l’Etat jette toutes ses forces dans cette bataille. Cette guerre à mener contre le terrorisme n’est pas seulement d’ordre technique, relevant des seuls services de sécurité, elle doit être plus globale, politique et idéologique. Tant que durera l’ambiguïté dans la démarche des autorités, les groupes armés islamiques en profiteront pour reprendre du terrain et frapper. Ce qui est cédé à travers la politique d’élargissement et la réconciliation, est considéré comme un signe de faiblesse. En ce mois d’août, des dizaines d’Algériens sont déchiquetés par des bombes portées par des kamikazes. A quelques jours du mois sacré, une grande inquiétude s’installe chez les Algériens. Le retour aux Ramadhans sanglants des années 1993/1997 est dans tous les esprits. Cette violence terroriste est intolérable, elle est inacceptable. Elle réapparaît, avec force, dans un contexte politique très particulier, marqué par l’attentisme et l’immobilisme politique sur fond d’un problématique troisième mandat du président Bouteflika. Le temps semble par conséquent venu de donner un nouveau cap au pays en renonçant à cette politique ambivalente avec l’islamisme, en libérant l’économie de tous les carcans bureaucratiques, en favorisant un dialogue social sincère… La jeunesse attend également des signes forts et non pas uniquement des remontrances. Les Algériens méritent autre chose que de vivre constamment sous la menace…
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