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Algérie-UE

Les craintes des opérateurs économiques

La place du secteur industriel national dans l’accord d’association conclu entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) a été le thème d’une journée d’étude tenue hier au Palais de la culture à Alger.



L’accord en question a été passé en revue par les intervenants qui se sont succédé à la tribune, et ce, devant un parterre composé de ministres, d’ambassadeurs des pays européens, des experts, des représentants d’associations patronales, de la centrale syndicale et des organisations internationales. Ce sont surtout les répercussions de l’entrée en vigueur de l’accord d’association, prévu très prochainement, qui ont constitué le gros des interventions. Les opérateurs économiques et chefs d’entreprises regroupés au sein d’associations patronales ont été les plus attentifs à l’impact de cet accord multilatéral sur leurs entreprises. pour le représentant de la Coordination nationale du patronat algérien (CNPA), Habib Yousfi, « le partenariat avec l’UE ne doit pas être considéré comme une forteresse imprenable » et d’ajouter : « Les pays de la rive sud de la Méditerranée n’ont pas d’autres choix que de s’adapter aux nouvelles donnes. » L’accord d’association, pour cet opérateur économique, « n’est qu’une étape vers une intégration plus globale ». La zone de libre échange dont l’élaboration nous est présentée comme la finalité de l’accord et qui préoccupe tant les opérateurs économiques, n’est en fait, précise le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Omar Ramdane, qu’« un des volets de l’accord et pas le plus important ». La déclaration de Barcelone, qui en constitue le fondement, ajoute le patron du FCE, « inscrit, en effet, en première ligne de ses préoccupations la mise en place d’un partenariat politique et de sécurité ». Relayant le sentiment d’inquiétude de plusieurs opérateurs économique, Omar Ramdane notera que dans une perspective qui s’inscrirait dans le court et le moyen terme, « certaines dispositions de cet accord auront immanquablement des effets négatifs sur les entreprises algériennes ». L’urgence, recommande-t-il, est d’« assurer quelques précautions minimales préalablement à la mise en œuvre de cet accord ». Des précautions qui pourraient, indique-t-il, concerner « l’information correcte des entreprises sur les mesures de démantèlement tarifaire » ; « l’évaluation des conséquences de l’accord dans l’ensemble des filières industrielles de nature à permettre aussi bien de minimiser les impacts négatifs là où ils sont inévitables qu’à optimiser les aspects bénéfiques et là où cela est possible et envisageable » ; « la nécessité de réaliser la corrélation entre les engagements contenus dans l’accord d’association et ceux qui résulteront des autres accords internationaux (zone arabe de libre échange, OMC) » et enfin « l’identification des modalités d’accompagnement de la mise en œuvre de l’accord pour servir d’appui à un programme national de mise à niveau impliquant les administrations économiques tout autant que les entreprises industrielles ».



Par Salah Slimani

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