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   Economie












Algérie-Russie

Effacement de la dette et coopération tous azimuts

Bien qu’elle n’ait duré en tout qu’une seule journée, la visite d’Etat en Algérie du président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, la première d’un président russe dans la région nord-africaine, a été finalement sanctionnée par d’importants accords conclus entre les deux pays en matière de coopération économique et de partenariat stratégique.



Le plus important résultat a été celui de l’effacement de la dette de l’Algérie vis-à-vis de la Russie, estimée à 4,7 milliards de dollars. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, et son homologue algérien Mohamed Bedjaoui ont ainsi réglé un problème qui n’a que trop duré d’autant que cette dette a été contractée par l’Algérie dans les années 1960 et 1970 et n’avait plus bougé depuis. Le montant de la dette effacée par la Russie représente environ 25% de la dette totale extérieure algérienne, qui se montait à 16 milliards de dollars au début de l’année. En contrepartie de cette annulation, l’Algérie s’engage à acheter des biens et services auprès de la Russie pour un montant équivalent de la dette. La période de flottement qui a caractérisé les relations algéro-russes ces dix dernières années laisse place aujourd’hui à une nouvelle dynamique de coopération entre les deux pays. En effet, lors de sa visite, M. Poutine a relevé que " plusieurs entreprises russes sont prêtes à travailler sur le marché algérien ". Trois protocoles d’accord bilatéraux de coopération ont été également signés en présence des chefs d’Etat des deux pays. Il s’agit d’un protocole d’accord sur " la non-double imposition " entre les deux pays, un deuxième portant sur " la promotion et la protection des investissements " et le troisième concernant " la coopération entre la chambre algérienne de commerce et d’industrie et la chambre de commerce et d’industrie de la Fédération de Russie ". Cependant, la signature attendue d’un mémorandum d’entente entre le géant gazier russe Gazprom et la société publique algérienne Sonatrach, concernant la prospection et l’extraction de gaz en Algérie, ainsi que la modernisation du réseau de gazoducs algériens, a été finalement reporté au mois d’avril, a annoncé le patron de Gazprom, Alexeï Miller, sans donner d’explications.

caractère stratégique

La relance des accords de coopération bilatérale algéro-russe et les moyens à même de redonner au partenariat entre les deux pays un nouveau souffle ont constitué ainsi l’essentiel des discussions entre les deux parties, russe et algérienne. Les dirigeants algérien et russe ont ainsi insistent sur la nécessité d’oeuvrer de concert en vue d’imprimer un caractère stratégique aux relations bilatérales, dans l’esprit de la déclaration de partenariat signée entre les deux pays en avril 2001. Les accords signés entre les responsables algériens et leurs homologues russe sont d’autant plus importants qu’un très grand intérêt a déjà été affiché de la part de nombreux hommes d’affaires russes, intéressés par le nouveau contexte économique que connaît l’Algérie notamment en matière d’investissements directs étrangers (IDE). Dans ce cadre, un intérêt particulier est accordé au développement et à la promotion de la coopération dans le secteur de l’énergie (pétrole, gaz et énergie électrique), ainsi qu’aux projets industriels et aux opérations de privatisation des sociétés algériennes. En 2005, les investissements russes en Algérie, notons-le, ont été de 50 millions de dollars, mais devraient connaître une certaine progression avec les nombreux projets en vue, comme celui devant aboutir, courant 2006, à la construction en Algérie d’une usine d’ammoniac. Il convient de rappeler à ce propos que les travaux de la première session de la commission mixte algéro-russe, tenus en octobre 2005, ont été sanctionnés par la signature d’un procès-verbal traçant les perspectives de coopération bilatérale. Le document avait prévu d’élargir et de renforcer la coopération, conformément à l’accord de partenariat stratégique signé par les deux pays, à l’occasion de la visite du président Bouteflika à la Fédération de Russie en avril 2001. La commission mixte, coprésidée par le ministre des Finances, Mourad Medelci, et le ministre russe du Développement régional, Vladimir Yakovlev, avait également réussi à mettre en place une plateforme juridique de coopération entre les deux pays. Cependant, beaucoup reste à faire, notamment en matière d’échanges commerciaux, dont la structure demeure déséquilibrée.

Important combat d’armes

"Il faut rechercher de nouveaux moyens d’intensifier la coopération commerciale et économique, notamment dans les secteurs pétrogazier, militaire et technique, métallurgique, industriel et dans la construction d’ouvrages civils, dans l’irrigation et l’infrastructure des transports", a déclaré à RIA Novosti Serguei Prikhodko, assistant du Président russe. Le volume des échanges commerciaux a atteint, en 2005, 364 millions de dollars dont 362 millions de dollars représentent uniquement les exportations russes vers l’Algérie. Les exportations algériennes vers la Russie ne représentent, quant à elles, que le modique montant de 2 millions de dollars (une centaine de tonnes de dattes et quelques produits industriels). 47% du volume des exportations russes sont représentés sous forme de demi-produits destinés en majorité au secteur du bâtiment et des travaux publics. Il s’agit, notamment, de matériaux de construction (acier, rond à béton, bois, etc.). Les produits alimentaires, essentiellement du blé (800 000 t importées par l’Algérie en 2005), représentent 35% des exportations russes vers l’Algérie. Une autre partie de ces exportations, non moins importante, consiste en des produits chimiques utilisés particulièrement dans le domaine agricole (engrais chimiques), nous dit le même responsable. Concernant l’autre volet de la coopération, celui ayant trait à l’industrie militaire, la visite du président russe n’a pas manqué de tracer tout un programme de vente et de livraison d’armement. Les deux pays ont en effet signé des contrats de livraisons d’avions de guerre pour plus de 3,5 milliards de dollars, a annoncé le directeur général du constructeur aéronautique MiG, Alexeï Fedorov, interviewé à Alger par la télévision russe Rossia, selon une information rapportée par l’AFP. Citant le patron de la société publique russe d’exportations d’armements, Roso Boronexport, Sergueï Tchemezov, la télévision Rossia, reprise par l’AFP, a affirmé que le total des commandes militaires algériennes à la Russie, avions compris, dépassait 7,5 milliards de dollars.



Par Lyes Malki

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