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Alerte générale aux carences iodées

Santé publique

Alerte générale aux carences iodées

Entre 150 à 200 malades atteints de la pathologie thyroïdienne, représentée essentiellement par les goitres, et surtout les cancers, sont opérés annuellement au service ORL de l’hôpital Dorban, relevant du CHU de Annaba. C’est ce que révèle deux études réalisées par une équipe du même service, durant la période allant de 1998 à 2006.



Parmi ces malades, l’on dénombre plus de 12 à 13 % de cancéreux, alors que les données internationales ne retrouvent que 10 %. Plus de 2 000 malades ont été opérés au niveau de ce service en dix ans. La pathologie thyroïdienne est la conséquence d’un trouble nutritionnel dû aux carences en iode. Ce dernier est un oligoélément omniprésent dans notre environnement. Sa découverte a été l’œuvre de Bernard Courtois, qui réussit, le premier, à isoler l’iode des eaux-mères du salin de Varech. En 1813, cette découverte est mise au point et baptisée par le chimiste Gay Lussac.

L’iode est présent naturellement dans le sol et l’eau. Les plantes alimentaires qui poussent sur un sol pauvre en iode sont-elles déficitaires ? On le retrouve, surtout, dans les poissons et les fruits de mer, mais aussi dans l’huile de morue, les viandes, les épinards, le cresson et le sel iodé. L’iode est également utilisé dans l’industrie, la photographie et en médecine comme antiseptique, marqueur isotopique en radiologie humaine et en tant que traitement de certains états d’hyperthyroïdie, telle que la maladie de Basedow.

L’isotope radioactif est un polluant associé à l’industrie nucléaire que l’on retrouve dans tous les incidents nucléaires, dont le plus célèbre est celui de Tchernobyl, survenu le 26 avril 1986, ayant eu comme conséquences sanitaires une épidémie de cancers thyroïdiens chez les enfants des pays les plus touchés par cet accident. L’organisme humain ne peut pas stocker l’iode.

C’est pour cela qu’il a besoin d’apports journaliers qui sont variables selon l’âge, le sexe et l’état physiologique, car la carence iodée entraîne des répercussions néfastes sur la santé, dont les plus importantes sont les anomalies constatées chez le fœtus et le nouveau-né : troubles de développement du système nerveux, responsables d’un crétinisme avec retard psychomoteur, troubles de la marche, de la parole, surdité, strabisme et autres atteintes neurologiques graves. Elle entraîne également des accouchements prématurés avec diminution des poids de naissance des bébés, une augmentation de la morbidité et de mortalité néonatale et périnatale.

La carence en iode, qui existe depuis des siècles, est le principal facteur incriminé dans la genèse des goitres endémiques, des nodules thyroïdiens, de l’hyperthyroïdie, mais surtout des cancers thyroïdiens, explique le professeur Abderahamne Saïdia, directeur général du CHU de Annaba, chef de service ORL de l’hôpital Dorban et président de la société algérienne d’ORL. Pour lui, il est impératif, aujourd’hui, d’organiser une lutte structurée contre les carences iodées identifiées comme un véritable problème de santé publique.

Cette lutte, soutient-il, se basera sur le durcissement de la réglementation algérienne quant à l’application des recommandations de l’organisation mondiale de la santé (OMS) concernant l’enrichissement du sel en iode, et le respect du décret exécutif du 30 janvier 1990 relatif aux normes algériennes d’iodation, selon lesquelles l’iode doit être apporté sous forme d’iodure de potassium dans des proportions bien définies, ainsi que sur l’identification et la sanction des fraudes concernant l’iodation du sel et l’étiquetage des emballages, en plus de la sensibilisation des citoyens sur la nécessité de l’apport alimentaire iodé.



Par Tewfiq G.

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