La scène palestinienne est aux aguets avec la probable disparition d’Ariel Sharon. Alors que les élections législatives palestiniennes sont programmées pour le 25 janvier, tout peut être chamboulé, surtout que lundi dernier Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, avait averti qu’il suspendrait ces élections si les Palestiniens de Jérusalem n’étaient pas autorisés par Israël à participer au scrutin.
D’ailleurs, Saëb Erakat, négociateur palestinien, a estimé que l’éventuel mort de Sharon « bouleversera la donne » en Israël avec des risques d’affrontements avec les Palestiniens. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que les branches armées du Hamas, du Fatah, du Jihad islamique et des Comités de la résistance populaire ont appelé, hier, à la mise en place d’une force commune. Une force qui servira à « assurer la sécurité de la patrie et des citoyens », précise un communiqué conjoint cité par l’AFP. Ces mouvements ont également condamné « la mort des deux gardes-frontières égyptiens et le rapt d’étrangers, dont les auteurs brisent le consensus national », rapporte encore l’AFP. Dans cette atmosphère tendue, Leïla Chahid, déléguée générale de Palestine auprès de l’Union européenne (UE), a demandé, à partir de Bruxelles et sur Fr3, aux responsables israéliens de prendre « très vite » une « décision de concertation » avec les Palestiniens. Car selon Chahid, « il y a une grande inconnue pour l’avenir puisque chaque moment de la vie des Palestiniens dépend de la situation en Israël ».
« Le bourreau de Sabra et Chatila »
Face aux positions officielles, les autres factions palestiniennes adoptent un autre point de vue. « La région sera un meilleur endroit sans Sharon. Le monde est sur le point de se débarrasser d’un des principaux leaders du mal dans le monde », a déclaré à Ghaza le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri. « Ce qui arrive à Sharon est une volonté divine réservée aux despotes et aux malfaisants. » Khaled Al-Batsh, un chef du Jihad islamique, a affirmé que son groupe « ne regretterait pas Sharon. Dieu en a eu assez de Sharon, le bourreau de Sabra et Chatila, et en a débarrassé le monde ». Côté américain, Jon Alterman, directeur du programme pour le Moyen-Orient au centre de stratégie et d’études internationales, pense que Bush pourrait même ne plus s’impliquer dans des efforts de paix si Sharon n’est plus en course. Selon lui, « les Israéliens devraient adopter une ligne plus dure face aux Palestiniens avec le départ de Sharon et ne plus être autant concernés par la recherche d’une solution visant à la création de deux Etats côte à côte ». A signaler la décision du gouvernement libanais d’autoriser la réouverture d’une représentation de l’OLP à Beyrouth. Celle-ci, qui n’avait jamais été officiellement fermée par les autorités libanaises, avait cessé ses activités de facto en 1982 à la suite de l’invasion israélienne qui avait forcé les dirigeants de l’OLP et les forces armées palestiniennes à se retirer du Liban et à s’installer à Tunis.
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