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Agroalimentaire

Absence de stratégie d’investissement

Le cabinet Tiers Consult a rendu publique une étude sur le secteur de l’agroalimentaire toutes filières confondues. D’après ce bureau d’études, si plusieurs points positifs ont été relevés, de nombreuses contraintes pour un rapide essor de cette importante branche de l’économie nationale ont également été constatées.



Il en ressort que la conjoncture actuelle a favorisé l’investissement dans certaines filières de l’agroalimentaire au détriment d’autres qui ont été laissées pour compte. Le document met en exergue l’incohérence qui a caractérisé l’investissement dans ce secteur avec notamment une surcapacité dépassant parfois les 200% dans certaines filières tels la margarine, les farines, les semoules, les huiles et le lait alors que d’autres enregistrent un désinvestissement total.Les filières qui bénéficient de peu d’intérêt des investisseurs sont, indique-t-on, « celles relatives à l’amont agricole ou celles dont les activités sont destinées à valoriser les produits locaux et ne relevant pas de produits dits de base ». Ce désintérêt peut s’expliquer par le manque de coordination entre l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. D’ailleurs, l’étude fait remarquer qu’en dehors de quelques liaisons créées entre ces deux secteurs interdépendants, à l’image de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et l’ENAJUC et les structures d’abattage de l’ONAB, il n’existe pas « d’interfaces efficientes entre les domaines de l’agriculture, de la pêche et des industries agroalimentaires ». Le développement agricole tel que conçu actuellement ne répond pas, souligne-t-on, aux besoins de l’agroalimentaire, les cultures industrielles n’étant pas assez répandues. La situation se vérifie en matière de quantité souvent insuffisante pour la transformation. Dans un tel contexte, l’industrie agroalimentaire algérienne n’est pas organisée pour faire face à une concurrence étrangère « très forte », qui plus est souvent déloyale et profitable au secteur informel. Des incohérences qui résultent a priori de l’absence d’une stratégie globale en mesure de définir les objectifs inhérents à la consommation des ménages, la transformation industrielle et l’exportation. L’état des lieux dressé par cette étude rapporte que la valeur ajoutée dégagée par l’agriculture et les industries agroalimentaires est de l’ordre de 627 milliards de dinars, ce qui correspond à 38,5% de la valeur ajoutée nationale hors hydrocarbures en 2003. Ce domaine fournit environ 1 400 000 emplois hors économie informelle et emplois saisonniers, soit environ près de 23% de la population occupée toujours en 2003. Malgré toutes les contraintes relevées plus haut, le document de Tiers Consult relève que le secteur de l’agroalimentaire en Algérie « connaît un développement relativement important caractérisé par un potentiel de production de plus en plus important, un chiffre d’affaires en croissance constante et un nombre d’intervenants lui aussi en croissance avec la création en 2003 de plus de 900 entreprises ». Dans le même registre, plus de 7000 dossiers traités entre 1993 et 2003 par l’Agence nationale pour le développement de l’investissement (ANDI) et les banques. La volonté des autorités de privatiser de larges pans du secteur public, qui attire déjà de nombreux investisseurs nationaux et étrangers, notamment en ce qui concerne les filières des corps gras, sucre, eaux minérales, céréales, conserves de fruits, levure, devrait donner de l’élan à cette branche. De plus, plusieurs opérateurs étrangers ont manifesté leur intérêt pour investir dans ce créneau.



Par Nora Boudedja

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