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Affaire ex-wali d’Oran-El Watan

De l’outrage à la simple diffamation

Le tribunal correctionnel d’Es Senia, près la cour d’Oran, a condamné hier le directeur d’El Watan, Omar Belhouchet, la journaliste Salima Tlemçani ainsi que l’ex-directeur de l’action sociale d’Oran, Kada Hezil, à une amende de 20 000 DA, dans le cadre du procès intenté à leur encontre par l’ex-wali d’Oran, Mostefa Kouadri.



Ce dernier avait déposé plainte pour « outrage à haut fonctionnaire de l’Etat » après la publication par le journal d’un reportage sur les réseaux de trafic de drogue, ainsi que d’un entretien avec Kada Hezil sur les relais des réseaux au sein des institutions de l’Etat. Lors du procès, les prévenus ont présenté des preuves documentaires irréfutables sur les affirmations contenues dans les articles, alors que le plaignant se limitait à s’offusquer contre le fait que sa mise au point, adressée à la rédaction d’El Watan, avait été tronquée de quelques phrases comportant, selon les journalistes, des propos diffamatoires. Pour sa part, Kada Hezil a maintenu ses déclarations publiées par le journal, en exhibant un lourd dossier constitué de preuves matérielles sur ce qu’il a avancé. Il a précisé que la plainte pour diffamation déposée par l’ex-wali d’Oran pour les mêmes faits, il y a quelques années, avait abouti, il y a quelques mois, à l’acquittement en dernière instance (après avoir été condamné par le tribunal d’Oran). Il est important de relever que le tribunal d’Es Senia a requalifié les faits reprochés aux journalistes et à l’ex-directeur de l’action sociale d’Oran, pour ne retenir que la diffamation. Ce qui est « unique », a déclaré maître Khaled Bourayou, avocat des prévenus. Selon ce dernier, « s’agissant d’une plainte déposée par la partie civile, dans le cadre d’un délit spécial, qui est la diffamation, le juge n’avait pas le droit de requalifier les faits pour passer de l’outrage à fonctionnaire de l’Etat à la simple diffamation ». Pour l’avocat, cela voudrait dire qu’« au lieu de préserver la neutralité entre les parties, le tribunal s’est substitué à la partie civile pour corriger les faits et lui indiquer, pourquoi pas, la voie à entreprendre ».



Par R. N.

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