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Abdelhakim Aouidat (UNAI)

« L’Etat doit assainir le marché de l’immobilier »

En sa qualité de premier vice-président de l’Union nationale des agences immobilières (UNAI) et membre fondateur de cette organisation, A. Aouidat nous dresse un état des lieux.



Qu’en est-il de la nouvelle formule d’acquisition des logements dans le cadre de l’accord CNEP-Banque avec les agences immobilières ?

C’est une nouvelle formule qui concerne la vente de logements de particulier à particulier. Nous avons obtenu la suppression du document dit promesse de vente notariée pour le remplacer par une fiche de renseignements commune sans engagement pour les deux parties (propriétaire et acheteur) et visée par l’agence immobilière conventionnée avec la CNEP-Banque. Cette formule s’applique également à la vente sur plan ainsi que pour les terrains et carcasses de villa. Les chiffres sont très encourageants, particulièrement à l’intérieur du pays, et c’est d’ailleurs pourquoi nous demandons des allégements fiscaux, comme par exemple la diminution ou la suppression de la plus-value, établie à 10% dans la loi de finances de 2005.

Quel regard portez-vous sur le marché de l’immobilier en Algérie ?

L’immobilier constitue un grand marché très dynamique en Algérie. Malheureusement, c’est un marché caractérisé par une instabilité et une anarchie vu qu’il n’y pas de zoning. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de paramètres de calcul référentiel du mètre carré applicable aux sites où sont implantés les différents édifices à usage d’habitation ou d’activité professionnelle. Ce qui donne lieu à des pratiques qui se font loin de tout esprit commercial.

Avez-vous un chiffre à propos du nombre d’agences immobilières qui activent actuellement ?

Il existe aujourd’hui 2762 agences immobilières à travers le territoire national. La wilaya d’Alger, à elle seule, prend 43,22% de ce chiffre. A cela s’ajoute un nombre difficile à déterminer d’agences qui travaillent dans l’informel et de courtiers qui peuvent même avoir une activité commerciale légale ou de façade. Une situation qui, souvent, concourt à ternir l’image de marque des agences immobilières auprès des citoyens.

Mais comment pallier ces atteintes à votre profession ?

Déjà par la qualification. Avec le concours du ministère de l’Enseignement et de la Formation professionnels, l’UNAI a élaboré le programme pédagogique pour former des agents immobiliers. A ce jour, il y a eu quatre promotions qui sont sorties d’établissements établis à Alger, Oran, Constantine et Béjaïa. C’est un cycle de 24 mois de cours théoriques et de 6 mois de pratique. C’est un volet important sur lequel nous nous déployons. A côté de cela, nous essayons d’accompagner l’Etat pour réhabiliter cette profession parasitée, faut-il le préciser, par certains agents qui aiment activer dans l’ombre.

Y a-t-il des obstacles qui se dressent devant l’activité de ces agences ?

Avant tout, l’absence actuellement d’une réglementation organisant l’activité du marché de l’immobilier et des agences immobilières a favorisé une situation de confusion. Aujourd’hui, n’importe qui s’adonne à ce métier, pourtant très réglementé chez, par exemple, nos voisins et notamment dans les pays développés. C’est pourquoi nous insistons pour que l’Etat intervienne afin d’assainir ce marché à travers notamment un cadre juridique adéquat et adapté aux changements que connaît le pays aux plans interne et externe.

Comment l’Etat peut-il assainir le marché immobilier ?

L’UNAI, représentée par son président Hacène Djebbar, a esquissé un avant-projet de décret exécutif à soumettre aux autorités compétentes pour les fins utiles. C’est un texte qui définit l’agent immobilier et les conditions de son agrément. Avec notamment une disposition qui stipule que l’exercice de cette profession doit être soumis à l’agrément préalable du ministère de l’Habitat, après avis de l’UNAI.

Quelles sont les conditions pour être admis au sein de l’UNAI ?

Tout agent immobilier désirant adhérer à l’UNAI doit être détenteur du registre de commerce, de la carte d’immatriculation fiscale et réunir toutes les conditions de commerçant.

Pourquoi une assemblée générale, le 18 mai ?

Nous allons tenir à Alger une assemblée générale extraordinaire de l’UNAI, le 18 mai. Toutes les agences immobilières, sur tout le territoire national, sont conviées à ce rendez-vous qu’elles soient membres ou pas de l’UNAI. Cette rencontre a été programmée dans le souci de mieux défendre la profession d’agent immobilier et ses droits matériaux et moraux. Pour tout renseignement, les agents immobiliers peuvent contacter le (021) 29 09 63, et ce, avant le 15 mai 2005.



Par Salah Eddine Belabes

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