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Chahira Guerrouabi

A Béjaïa, sur les traces du maître

Dites-le avec des fleurs, aurait susurré le maître à l’oreille complice de l’auteur. Roses et Jasmin. Le titre de l’œuvre biographique posthume consacrée à Guerrouabi par Chahira, son épouse, ne puise pas dans le vers. Il va chercher plus dans le souvenir et la posture.



Du jasmin, el hadj el Hachemi Guerouabi gardait l’image de « guirlandes tombant en giboulées des encorbellements de la Casbah ». Des roses, il calquait « la fragilité et la délicatesse ». Des roses et du jasmin, Mme Chahira Guerouabi en a subtilement mis sur l’étal et dans le propos lors de la vente-dédicace organisée à Béjaïa au niveau de la librairie la Plume d’Or tenue par Smail Hassissene. Pour l’auteur, c’est beaucoup de prétention que de vouloir mettre dans un seul ouvrage la vie et l’œuvre du cheikh. C’est beaucoup mue « par un engagement moral » vis-à-vis du compagnon ou plutôt du confident, s’enthousiaste celle à qui el guerouab (comme on aime à l’appeler ici pour faire allusion au tab’e) a déroulé des pages des états d’âme ayant prévalu à l’instant des versifications. « Oui, j’ai été sa muse, il me l’a dit » confie-t-elle. Et le catalogue des thèmes est structuré dès lors à faire en sorte que le lecteur puisse pénétrer dans les épisodes les plus passionnants vécus par l’homme et des inspirations les dépeignant. Tantôt, dans un chapitre mélancolique et rebelle (ana mali fiache), tantôt dans un autre moins dissipé (matdoum el hikma) pour aller à plus détaché (el barah) chantant « l’éclatante beauté des femmes ».

Si le livre vise de premier abord une vulgarisation de l’arrière scène auprès du public, la perpétuation de el Hachimia, comme genre, se dessine comme un objectif. En cela, l’association El Hachimia ouvrira, annonce son président, M. Abderahmane Messaoudi, une école nationale à Alger. Et suivra une première annexe à Béjaïa, ville avec laquelle, révèle Mme Guerrouabi, l’homme entretenait, après Alger, des liens intimes. De cette ville, le cheikh gardait en avant plan l’image d’un port qui symbolisait les départs vers de « bonnes destinations » et il y éprouvait surtout l’envie d’aller saluer Cheikh Saddek Lebjaoui et de jeunes talents. Le tout Béjaïa « savourant » le chaâbi, rapportait le cheikh à son épouse. Toutefois aux jeunes chouyoukh, adeptes du style du défunt chanteur, et qui sont venus à la vente-dédicace, Mme Guerrouabi recommandera de laisser éclore, même s’ils s’inspiraient du genre el Hachimi, leur propre empreinte dans leur propre voix. Elle cite à ce titre l’exemple de son mari qui avait eu pour première influence Hadj M’rizek mais sans pour autant imiter la voix de ce dernier.



Par R. Oussada

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