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80% des champs prospectés touchés

Étude sur les maladies fongiques des céréales

80% des champs prospectés touchés

Les produits phytosanitaires, utilisés au printemps, période obligatoire des traitements, sont actuellement en rupture de stock.



C’est sur la base de prospections scientifiques sur des champs de céréales, situés dans les wilayas de Skikda, Annaba, El Tarf et Guelma, qu’il a été déterminé l’incidence néfaste de plusieurs maladies d’origine fongique (champignons). Cette recherche, faite au cours des quatre dernières campagnes agricoles, a permis l’évaluation de l’état sanitaire des cultures céréalières. Le travail a été synthétisé sous forme d’un guide de champ. Une première, depuis 1974, pour l’Institut technique des grandes cultures (ITGC) de Guelma. En effet, la production céréalière enregistre, en Algérie et à l’est du pays en particulier, de faibles rendements : 12 q/ha. Elle est imputable, nous dit-on, aux conditions climatiques défavorables, aux itinéraires techniques mal appliqués par les agriculteurs, mais surtout aux maladies. C’est ce que nous confirme Nassima Bendif, phytopathologiste au niveau de la ferme de démonstration et de production de semences de l’Institut technique des grandes cultures, auteur unique dudit guide, distribué gratuitement aux agriculteurs.

Elle déclare à ce sujet : « J’ai effectué, durant les quatre dernières campagnes agricoles, une enquête dans le Constantinois, dont la méthodologie consiste en la prospection de champs se trouvant de part et d’autre de la route, quelle que soit l’espèce cultivée, en commençant par les zones précoces pour arriver aux plus tardives : Skikda, Annaba, Guelma, puis Souk Ahras, soit plus de 400 champs prospectés durant les mois d’avril et mai uniquement. La septoriose des feuilles (Mycosphaerella graminicola) et la tache auréolée (Pyrenophora tritici-repentis) touchent 80 % des champs de céréales. » Pour ce qui est de la sévérité et l’incidence des maladies, la spécialiste en la matière avance : « Il y a des céréales qui sont plus vulnérables que d’autres. A titre d’exemple, le blé tendre HD1220 Hiddab, d’origine mexicaine, acclimaté chez nous, est le plus exploité par nos fellahs. Bien qu’il y ait de bons rendements (60q/ha optimal), il présente, cependant, une résistance moyenne à la septoriose des feuilles. Cette maladie amoindrit les rendements de 50%. Sans omettre que ce blé est très sensible à la rouille jaune ».

Ainsi, les travaux de Nassima Bendif révèlent que la septoriose des feuilles, la tache auréolée, et à des degrés moindres, la rouille brune et le piétin échaudage sont les maladies les plus courantes et les plus préjudiciables aux rendements des blés. Quant aux orges, la strie foliaire et la rayure réticulée demeurent les maladies les plus fréquentes, en dépit, nous confirme-t-on, du traitement des semences. Pour ce qui des dégâts causés par les insectes, criocères (Oulema melanopus) et pucerons (Green bugs) ont été enregistrés sur l’ensemble des champs visités. Les maladies et les insectes apparaissent en mars et avril à la faveur de l’humidité. L’augmentation de la production céréalière dans les dix prochaines années, en vue d’une réduction de nos importations en blé, prônée par le ministère de l’Agriculture, ne sera perçue que si les conditions de production, y compris la maîtrise des bio-agresseurs (maladies, mauvaises herbes, ravageurs, etc.) sont une réalité sur terrain.

Mais, dans toute cette logique, il y a un bémol : 90% du parc des pulvérisateurs, outil indispensable pour le traitement des champs, existant à Guelma et d’autres wilayas limitrophes, sont défectueux, nous est-il affirmé. Car en fait, aucun réglage répondant aux normes n’y est possible. Mais encore, concernant la disponibilité des produits phytosanitaires au printemps, période obligatoire des traitements, ceux-ci sont, comme pour l’actuelle campagne agricole 2008-2009, en rupture de stock. Quoi qu’il en soit, une maladie est gérable si quelques recommandations sont respectées par les agriculteurs, insiste la spécialiste. Nous noterons, entre autres, le respect des rotations, l’utilisation de semences préalablement traitées et enfin la nécessité de l’alternance des produits fongicides afin d’éviter le phénomène d’accoutumance chez la plante.



Par Karim Dadci

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