Archives ♦ édition du 19/07/2010
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Lounis Aït Menguellet ou l'accueil des plus chaleureux : «L'interview, nous la ferons chez moi, à Ighil Bwammas, je vous y invite pour lundi. Cela vous va-t-il ?», nous dit-il tout de go. Ighil Bwammas via Larbaâ Nath Irathen, Aïn El Hammam puis Yatafen. Un trajet, fort agréable, qui fait le rappel des descriptions pointues d'un Feraoun dans Jours de Kabylie, ou de Fadhma n'Ath Mansour dans Histoire de ma vie. Des villages attachés les uns aux autres sur les cimes à redents, tels que chantés si bien par le poète Lounis : «Tamourtiw dizurar ghaf idurar.»
Avant d'arriver chez lui, une poignée de jeunes villageois regroupés devant une épicerie semblent nous attendre. «Voyez-vous, nous avertit-il, mes deux couleurs préférées : le noir et le blanc.» Cette dualité qu'on retrouve dans le yin et yang, un joli tableau accroché au mur, deux faces opposées d'un monde à déchiffrer. Deux objets, cependant, captent tout particulièrement notre attention : des arcs, dont l'un est magnifiquement taillé dans un bois rare et sculpté avec un raffinement d'orfèvre. «Arc de chasse, précise-t-il. Peu de gens savent que je suis archer.» Comme dans Ulysse, il faut de la force, du savoir-faire et du doigté pour le tendre. Alors, Aït Menguellet se plaît-il à décocher des flèches empoisonnées ? Pas forcément !
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