Archives ♦ édition du 28/05/2007
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Ce document, qui a valu au journaliste Arezki Aït-Larbi un mandat d’arrêt et une condamnation par défaut à six mois de prison ferme, en 1997, a été publié dans l’hebdomadaire l’Evénement (n° 162 -semaine du 2 au 8 avril 1994).
Le 5 juillet 1985, l’Algérie fêtait le 23e anniversaire de son indépendance. Des enfants de chouhada, qui s’étaient constitués en associations non légalisées, car indépendantes des appareils du pouvoir et du parti unique, décident de célébrer cette journée en déposant des gerbes de fleurs sur les carrés des Martyrs, en marge des festivités officielles. Le pouvoir intervient pour mettre un terme à cette nouvelle forme de «subversion» : plusieurs enfants de chouhada sont arrêtés à Tizi Ouzou, Alger, Chlef et Ténés. Présentés au parquet de la Cour de sûreté de l’Etat de Médéa, ils seront écroués à la prison de Berrouaghia. Pour avoir pris leur défense et dénoncé le scandale, des membres fondateurs de la première Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, créée quelques jours auparavant, et des militants du Mouvement culturel berbère seront arrêtés et présentés devant la même juridiction d’exception. Après un procès mémorable qui a duré du 15 au 19 décembre 1985, devant la Cour de sûreté de l’Etat, le verdict tombe : des peines allant de 6 mois à 3 années de prison ferme sont prononcées. Les condamnés, au nombre de 22, sont alors éparpillés sur plusieurs établissements pénitentiaires. Six d’entre eux, condamnés à 3 années de prison, sont transférés au sinistre pénitencier de Tazoult (Lambèse) pour y subir un «programme spécial de rééducation».
J’étais parmi les six condamnés qui découvriront cet Alcatraz sous-développé. J’avais passé 11 mois (du 2 janvier 1986 au 2 décembre 1986) dans ce monde hors du temps et de l’espace.
Le document qui va suivre est une lettre que j’avais adressée, le 7 mars 1987, après mon transfert à la prison de Constantine, à M. Mohamed-Chérif Kherroubi qui venait de succéder à M. Boualem Baki à la tête du ministère de la Justice. (...)
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