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   5 octobre 1988, le rêve brisé












L'énigmatique« chahut de gamins »

L’énigmatique« chahut de gamins »

20 ans déjà ! Octobre 1988 restera une date marquante de l’histoire de l’Algérie. Le 1er Novembre 1954 a libéré le peuple algérien du colonialisme français, le 5 Octobre a débarrassé le pays du diktat du parti unique et a mis les premiers jalons d’une Algérie démocratique. Qu’est-il arrivé au juste ? Faussement, on parle du soulèvement du 5 Octobre.



En réalité, tout a commencé le 4 octobre au soir quand des jeunes venus l’on ne sait d’où ont manifesté violemment à Bab El Oued, détruisant les édifices publics et les bus de la RSTA notamment. Le mouvement s’est poursuivi durant plusieurs jours et s’est étendu à d’autres villes du pays. Comment en est-on arrivé là ? Qui a été derrière ce mouvement ? Quel a été l’élément déclencheur ? En apparences, le pouvoir a été pris de court, au point que le président de l’amical des Algériens en Europe de l’époque, Ali Amar, interrogé par la presse française, a cherché à minimiser l’événement en le traitant de « chahut de gamins », une casserole qu’il traîne jusqu’à ce jour et qui a mis fin à sa carrière politique. Aucun homme politique, aucun observateur, aucun historien n’a jusqu’à ce jour une réponse exacte quant à l’origine de la révolte. Chacun y va de son hypothèse. Certains disent même que c’est le président Chadli Bendjedid qui, sans le vouloir, a mis le feu au pouvoir. En effet, le 20 septembre 1988, devant les cadres du FLN, il prononce un discours très dur sur la situation politique, économique et sociale du pays. Il a dénoncé ceux qui se sont infiltrés dans les hautes sphères de l’Etat et avait évoqué (déjà !) la nécessité d’une réforme radicale du système d’éducation, d’enseignement et de formation, un projet qui ne pouvait que déplaire aux bâassistes qui ont réussi à imposer un enseignement totalement rétrograde et qui, avec le temps, est devenu une machine à produire des terroristes. « L’économie nationale, avait dit le chef de l’Etat, était subventionnée par le Trésor public et d’autres revenus tels que le pétrole et le gaz qui ne sont pas le fruit de l’effort mais (…) une richesse providentielle. Je dirais quand à moi que c’est probablement un frein, car nous avons beaucoup compté sur les revenus faciles. » Un constat qui a fait certainement peur à tous ces parasites qui vivaient aux crochets de l’Etat au nom d’une légitimité douteuse et dépassée. « Certains de ces responsables exercent au sommet, au seins d’institutions et parti et du gouvernement ou dans d’autres structures. » Il n’en fallait pas plus pour faire peur à tous ceux qui vivaient aux frais de la princesse. Ce qui a aussi fait dire à des analystes que les gens ciblés par ce discours ne pouvaient que réagir et déstabiliser l’Algérie pour ne pas perdre leurs privilèges, car ils étaient convaincus qu’à partir de ce moment-là Chadli allait donner un grand coup de balai. N’a-t-il pas dit que « la vision commençait à devenir plus claire et les éléments qui , dans le passé, évoluaient dans un climat confus, commençaient à être démasqués », ajoutant plus loin que « quiconque n’est pas à la hauteur doit laisser sa place à ceux qui ont la capacité d’assumer leurs responsabilités ». Ce discours a-t-il donc provoqué le 5 Octobre ? Cela ne reste qu’une hypothèse, car il n’existe aucune preuve pour l’affirmer avec certitude. Le FLN, craignant pour ses privilèges, a-t-il décidé de passer à l’action pour contrecarrer le projet présidentiel ? Une haute personnalité, témoin acteur à l’époque des faits, n’y croit pas du tout. « Le parti est très frileux et ne pouvait avoir ni l’intelligence ni le courage pour déclencher un mouvement d’une telle nature », nous a déclaré cet ancien dirigeant. Pour lui, le mouvement du 5 Octobre était spontané. « Il n’y a eu ni manipulation étrangère ni complot préparé de l’intérieur », affirme-t-il. La crise était là. L’Algérie n’avait plus ni semoule, ni huile, ni lait et autres produits de première nécessité. L’Etat n’était plus en mesure d’assurer les salaires des fonctionnaires au point qu’il a fallu recourir à la planche à billet. Pour ce haut responsable, les soupçons au départ se sont portés sur le PAGS. Ce dernier avait déclenché une grève à la base Sonatrach de Beni Merad et aurait menacé de faire défiler les grévistes à Alger le 30 septembre. La grève a été durement réprimée. « Nous avons fini par comprendre que les communistes n’étaient mêlés ni de près ni de loin avec la révolte des jeunes », a soutenu notre interlocuteur. Le même constat a été fait par le défunt Medjoub Lakehal Ayat à l’époque patron de la DGPS (Direction générale de la prévention et de la sécurité) l’ancêtre de l’actuelle DRS. « J’ai discuté à l’époque avec les dirigeants du PAGS. Ils m’avaient fait l’engagement ferme qu’ils ne se mêleraient pas de la révolte et ils avaient tenu parole », avait -il affirme à l’auteur de ces lignes. Mais il avait refusé de dire si le 5 octobre a été spontané ou préparé par des forces non-identifiées. Pourtant, dès le 20 septembre, la rumeur publique annonçait une « grève générale » pour cette date. Un ministre proche à l’époque de Chadli abonde dans ce sens. « Il y a eu préméditation et manipulation, soutient-il. C’était un secret de Polichinelle. Même les femmes de ménage savaient une semaine auparavant qu’il allait y avoir un soulèvement populaire. » Pour lui, il y avait des signes avant-coureurs. Les lycées ont commencé à bouger. Les lycéens demandaient les conditions d’amélioration du travail et étaient décidés à agir, a-t-il dit. « La preuve ? durant ces journées chaude, des gens inconnus étaient vus avec des talkies-walkies dans plusieurs quartiers d’Alger en train de donner des instructions aux émeutiers. Les sièges du FLN ont été les premiers à être attaqués », a-t-il rappelé. Pour tous nos interlocuteurs, les islamistes étaient absents de la scène et n’ont joué aucun rôle dans le déclenchement des événements.

Pour notre témoin, « ce n’est que plus tard que le pouvoir a été débordé sur sa droite pour avoir autorisé les barbus à passer à l’action ». Effectivement, les islamistes ne se sont manifestés que le 10 octobre. Ce jour-là, un grand rassemblement a été organisé à la place du 1er Mai, Ali Benhadj enflamme les foules et leur demande de le suivre dans une marche qui les conduira jusqu’à la place des Martyrs, à croire qu’il les menait vers un piège. En effet, en cours de route, lui et les autres dirigeants du FIS s’évaporent dans la nature. Ils ont bel et bien envoyé les manifestants dans la gueule du loup, sinon comment expliquer leur absence à la place des Martyrs. Pour tous les observateurs, ils ont monté une grande provocation pour obliger l’armée à tirer sur la foule. Selon des témoins, dont des journalistes, c’est de celle-ci que sont partis les premiers coups de feu contre un chars de l’ANP, obligeant de jeunes militaires inexpérimentés à riposter. Le bilan réel de la tuerie n’a jamais pu être établi avec certitude. Une chose est sûre : ce jour-là marque un tournant dans l’histoire de l’Algérie. Ce jour-là, les islamistes, dirigés notamment par Abassi Madani, apparaissent au grand jour, croyant la victoire à portée de main. Leur programme, empêcher l’émergence d’une Algérie démocratique et moderne et créer un Etat théocratique à l’image de celui instauré par les talibans en Afghanistan. Pour cela, ils n’hésiteront pas à imposer au peuple algérien la violence la plus barbare comme par exemple mettre un bébé d’un mois dans le four d’un cuisinière et le faire frire avec de l’huile de vidange. Mais rapidement, leurs principaux commanditaires sont connus. Il s’agit e l’Iran, de l’Arabie Saoudite, du Soudan et de certaines monarchies du Golfe. Face à la déferlante intégriste, l’armée revient sur scène et réussira avec les autres forces de sécurité, les patriotes et la mobilisation populaire à briser le complot. Mais à toute chose malheur est bon, grâce au 5 Octobre, le monopole du parti unique s’est cassé, le multipartisme s’est instauré et nous avons assisté à l’émergence d’un capital non négligeable : une presse libre et indépendante à laquelle le peuple algérien n’est pas près de renoncer. Une nouvelle Algérie venait de naître. Malheureusement, l’actuel pouvoir veut la remettre en cause dans le but de la prolonger dans l’archaïsme et l’obscurantisme, à l’image de ce que vivent les peuples du Golfe.



Par Tayeb Belghiche

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Le 5.10.2008 à 14h55
L’énigmatique« chahut de gamins »

Les islamistes sont entrés en scène le vendredi 7 octobre 1988.

Après la prière du vendredi, ils ont encadrés les jeunes manifestants. L’irréparable allait être commis du côté de Kouba si ce n’était la vigilance d’un jeune officier de l’ANP. En effet, une foule immense, composée essentiellement de jeunes, accompagnait un cercueil. Ce cortège funèbre devait emprunter un chemin qui était interdit à toute circulation. Le barrage était tenu par l’armée. Des barbus ont demandé aux militaires de les laisser passer pour aller au cimetière. Le jeune officier a refusé. Les jeunes ont tenté de passer en force. Les éléments du barrage ont procédé à des tirs « nourris » de somation. Les jeunes se sont enfuis abandonnant le cercueil. Les militaires ont alors récupéré le cercueil. Surprise générale, il ne comportait pas de mort. Il était rempli de barres de fer et de gourdins. Il a était conclu que les manifestants encadrés par les islamistes voulaient s’emparer d’un char. (Parmi les manifestants il y avait ceux qui ont déjà accompli leur service national).

Au niveau de la place du 1er mai, vers 16h00, un véhicule de type Mercédès, jugé suspect a été pris en chasse. Coincés, les occupants (des barbus) ont réussi à prendre la fuite à pied. A l’intérieur du véhicule il y avait un poste récepteur qui était réglé sur la fréquence de la sureté du grand Alger. Ils pouvaient ainsi suivre le mouvement des unités d’intervention et orientés les encadreurs des manifestations…

C’est ce jour même, que des éléments islamistes ont demandé à ce que la présidence négocie avec le cheikh Ali (il s’agissait d’Ali Belhadj).

S’en suivent alors d’autres évènements douloureux dont celui de l’après midi du lundi 10 octobre devant le siège de la DGSN où il y a eu de nombreuses victimes dont un cadre de la presse nationale.

La crise du 5 octobre s’est en partie achevée par la libération du groupe « Bouyali ».

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